Ça fait longtemps que je ne vais plus à l’école ou que j’accompagne un enfant qui y va, et je ne suis pas prof rattaché à une institution non plus, donc je ne devrais pas ressentir « l’arrivée des vacances » avec particulièrement d’émotions. Mais cette année fait exception. Car ça va être le premier été depuis des années où je ne suis pas en train de travailler sur mon livre. À l’écrire durant 4 ans, à faire son site web à l’été 2024 ou à l’accompagner durant l’année qui se termine avec ses « clubs de lecture » mensuels qui n’avaient pas fait relâche l’été dernier, entre autres, avec les deux clubs fait à l’extérieur, celui de la 5e rencontre en juillet au mont Royal, et celui de la 6e rencontre en août au parc Lafontaine. Et donc je n’ai absolument rien encore de prévu pour ces vraies vacances (ayant perdu un peu le réflexe de leur organisation), sauf pour un événement qui fait pour moi à merveille le pont entre la session de travail d’hiver-printemps et le caractère plus festif de la saison estival, j’ai nommé le festival Virage de Petit-Saguenay (au Québec) qui nous revient pour une 8e édition du 26 au 28 juin prochain ! Je vous en parle un petit peu avant de vous dévoiler ce que je vais faire cet été à temps perdu (mon petit « scoop »).
Virage, c’est surtout pour moi, si l’on en croit ma légende personnelle, l’endroit où j’avais reconnecté avec mon alter ego Yvon D. Ranger, avec qui j’ai fait mon bouquin entièrement dialogué. C’est pour ça que ce sont des flashbacks de l’édition 2018 de Virage qui sont évoqués dans la 11e et 12e rencontre du livre pour suggérer comment on pourrait passer « des vieux mondes dystopiques aux utopies concrètes ». C’est d’ailleurs non seulement le titre de la 12e rencontre, mais aussi celui de la conférence que j’y ai donné à la 7e édition l’été dernier.
Samedi prochain le 27 juin à 14h30, je participerai plutôt cette année à un panel qui a pour titre « Vers un réseau d’écologie des savoirs ». Instigué par Martin Zibeau au début de l’année 2026, ce réseau en devenir vise nourrir des collaborations entre diverses initiatives d’éducation populaire, écoles d’été et autres événements de partage des savoirs autour des communs, des biorégions, de la décroissance, de la démocratie territoriale et autres thèmes du genre. J’y serai en tant que membre du collectif de l’UPop Montréal dont je fais partie et qui fait ça depuis 16 ans dans les bars, les cafés et les librairies indépendantes de Montréal. L’UPop qui est aussi un banc d’essai idéal pour des projets pédagogiques atypiques, comme ce que j’ai essayé de faire avec les « clubs de lecture » de mon livre à différents endroits chaque mois (le plus proche possible des lieux des rencontres dans le livre!).
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Ce qui m’amène à mon petit scoop… Car depuis que je me suis réconcilié avec Yvon à travers l’aventure de notre bouquin, j’écoute un peu plus ses conseils. Et donc comme à notre 1ère rencontre au café les Oubliettes, lorsqu’il avait sorti sa caméra pour filmer nos échanges sans me demander la permission et sans savoir où ça allait le mener, il m’avait dit, et je cite :
« Je sais pas si j’en ferai un film. Penses-tu qu’on sait d’avance quand on commence un film ? On documente pis des fois, à un moment donné, on voit une trame apparaître. À partir de là, on peut réorienter le tournage en fonction de ça. On peut même commencer à monter des plans pour voir si certaines séquences fonctionnent. »
Eh bien je l’ai écouté, et c’est ce que j’ai fait moi aussi ! À chacun de mes clubs de lectures, j’ai pris le vieux cellulaire que ma sœur m’a donné (et qui ne me sert qu’à prendre des photos ou à filmer…), je l’ai mis discrètement sur petit trépied, et j’ai filmé toutes les séances comme ça, un peu tout croche. Et surtout sans savoir s’il y aurait de quoi à faire avec ça un jour. Mais comme Yvon me l’avait dit aussi :
« Si tu filmes, ça veut pas dire que tu vas faire de quoi avec ton matériel, ça veut juste dire que si jamais tu veux faire de quoi, eh ben t’as le matériel…»
Donc comme il le recommandait aussi dans le livre, j’ai essayé de monter la première séance, en enlevant les bouts où je ne suis pas clair et les questions moins pertinentes, et à ma grande surprise, ça donne une petite heure qui s’écoute pas mal bien ! Donc je ne vous garantis rien, mais j’ai l’intention d’essayer de monter ainsi les séances suivantes et, qui sait, de peut-être commencer à l’automne à en mettre en ligne si tout se passe bien. Bien sûr, ce ne sera jamais comme assister à une vraie séance et de sentir l’intelligence collective à l’œuvre lors de telles soirées. Mais pour les personnes qui les auraient manquées et voudraient par exemple se doter d’un outil d’accompagnement pour lire le bouquin, ces soirées où je résumais les principaux concepts de chacune des rencontres pourrait être utile. Donc je vous en reparle au retour des vacances qui vont vous permettre, je l’espère, de ressourcer votre cerveau… à tous les niveaux !
P.s. : Je prendrai donc ça « off » pour les prochaines semaines. De retour en août !





