Les peptides injectables sont des vedettes sur les réseaux sociaux, pour améliorer tout autant son bien-être que ses performances sportives ou pour contrer le vieillissement. Le Détecteur de rumeurs a toutefois constaté que l’on connaît très peu de choses sur leur réelle efficacité ou sur leur sécurité.
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Faits à retenir
- Naturellement présents dans notre corps, les peptides sont connus depuis longtemps
- Certains ont conduit à des traitements, validés par des études solides
- Mais la plupart de ceux qui sont promus ne reposent sur aucune étude démontrant leur efficacité
L’origine de la rumeur
La popularité des peptides est en grande partie alimentée par les influenceurs bien-être. En mai 2026, un article portant sur la réglementation des peptides injectables recensait 130 000 publications Instagram et 230 millions de vidéos TikTok accompagnés du mot-clic « peptide ».
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Un mois plus tôt, Santé Canada émettait une mise en garde contre les médicaments injectables non homologués à base de peptides. Ceux-ci, qui sont souvent vendus en ligne, sont présentés comme des produits « anti-âge », de musculation ou de « bien-être ». On leur prête aussi d’autres effets positifs comme la perte de poids, l’amélioration des performances sportives, la récupération après une blessure, un meilleur sommeil ou une augmentation de la concentration.
Qu’est-ce qu’un peptide?
Les peptides sont de courtes chaînes d’acides aminés —des molécules indispensables au bon fonctionnement de notre corps— une sorte de mini-protéine. Certains sont naturellement présents dans le corps et agissent comme des messagers en s’attachant à des récepteurs à la surface des cellules, expliquaient en 2025 des chercheurs de Salt Lake City. Les peptides peuvent ainsi réguler différents mécanismes physiologiques.
Parmi les exemples connus, on retrouve l’insuline, la vasopressine, l’oxytocyne et les médicaments GLP-1 (ceux qui sont commercialisés entre autres sous le nom d’Ozempic ou de Wegovy). Plusieurs traitements impliquant des peptides ont donc été approuvés au fil des décennies par des organismes comme Santé Canada ou l’Agence américaine des aliments et médicaments (FDA), parce qu’il y avait des études pour les soutenir.
Pour ces peptides, on dispose donc de données issues d’essais cliniques valides sur leurs effets, les dosages, les circonstances d’utilisation, etc.
Une efficacité non démontrée
À l’inverse, lorsqu’on parle des peptides non homologués dont les influenceurs font la promotion, cela signifie que les essais cliniques pour évaluer leur efficacité et leur sécurité sont inexistants, rappelait en juin 2026 Rita Rubin, rédactrice senior du Journal de l’Association médicale américaine (JAMA).
Par exemple, l’utilisation de peptides en orthopédie gagne en intérêt. Certains semblent même prometteurs, mais ces espoirs reposent uniquement sur des études réalisées chez des animaux ou sur de petits groupes d’humains, reprochaient en janvier 2026 des chercheurs de Californie qui s’intéressaient aux peptides en orthopédie. Autrement dit, il n’y a pas assez de données chez l’humain pour confirmer leur efficacité.
L’un des peptides les plus populaires dans cette catégorie s’appelle BPC-157. Les influenceurs bien-être et les athlètes s’intéressent plus particulièrement à son potentiel pour la guérison des tendons, la réparation du cartilage et la récupération des muscles, soulignaient les chercheurs californiens. Cependant, seulement trois études cliniques ont été réalisées chez l’humain en 2021, 2024 et 2025, toutes menées par la même équipe de scientifiques.
Celle publiée en 2021 et qui n’avait été menée que sur 17 patients, étudiait l’efficacité des injections de BPC-157 pour réduire les douleurs au genou. Sur les 12 qui n’avaient reçu que du BPC-157, onze disaient avoir constaté une amélioration. Mais outre la petite taille du groupe, les patients étudiés étaient traités pour des conditions qui guérissent généralement d’elles-mêmes, comme le notaient en 2025 des médecins américains qui s’intéressaient aux peptides thérapeutiques injectables. De plus, l’étude n’avait pas mesuré s’il y avait une amélioration dans le fonctionnement de l’articulation, la qualité de vie ou la raideur.
Des inquiétudes pour la sécurité
L’absence d’études cliniques a un autre désavantage : on ne dispose pas d’information sur la sécurité de ces peptides. Selon Santé Canada en avril 2026, ces produits pourraient comporter des risques pour la santé, puisqu’ils peuvent modifier le fonctionnement de l’organisme.
Par exemple, les personnes qui prennent des peptides non homologués s’exposent à des risques de déséquilibres hormonaux, de sautes d’humeur, de déséquilibres de la glycémie, d’atteintes au foie ou aux reins, de caillots sanguins et de croissance de tumeurs cancéreuses, écrivait Santé Canada. Ces peptides pourraient aussi causer des réactions allergiques ou interagir avec des médicaments ou d’autres produits de santé.
Par ailleurs, des utilisateurs de BPC-157 ont rapporté sur Internet plusieurs effets secondaires, notaient en 2025 des chercheurs de Cleveland dans un article sur l’utilisation de BPC-157 en médecine sportive. Parmi ces inconforts, on retrouvait la douleur et l’enflure au site d’injection, des douleurs articulaires, de l’anxiété, des attaques de panique, des palpitations cardiaques, de l’insomnie, de la somnolence, de la faiblesse, de la fatigue, une perte d’appétit et la dépression.
Le fait de ne pas avoir été homologué pose également un enjeu quant au contrôle de qualité. Par exemple, les doses vendues ne sont pas nécessairement constantes, les produits peuvent renfermer des contaminants et il y a parfois des incohérences entre le contenu de la bouteille et ce qui est écrit sur l’étiquette, notaient les chercheurs californiens.
Des produits illégaux?
La plupart des peptides populaires sur les réseaux sociaux ne sont pas approuvés par la FDA, soulignait Rita Rubin. Santé Canada a également dressé une longue liste de peptides qui ne sont pas homologués au Canada: BPC-157, CJC-1295, DSIP, Epithalon, GHK-Cu, HCG, Ipamoreline, KPV, Melatonan I et II, MOTS-C, NAD+, SS-31, TB-500, Retatrutide. Certains sont aussi interdits par l’Agence mondiale antidopage.
C’est peut-être la raison pour laquelle les vendeurs en ligne accompagnent leurs produits de clauses de non-responsabilité, comme « pour recherche uniquement » ou « non destiné à la consommation humaine ». Santé Canada souligne toutefois que ce genre de mention ne rend pas ces produits légaux ni exempts d’exigences réglementaires.
Plus récemment, l’Agence américaine des aliments et médicaments (FDA) a adopté des règles moins strictes pour encadrer la production de ces peptides par les pharmacies spécialisées, rapportait la BBC le 24 juillet. Le ministre américain de la Santé Robert F. Kennedy se décrit d’ailleurs comme un « fan » des peptides, soulignait-on dans l’article.
Verdict
On connaît peu de choses sur l’efficacité et la sécurité de la plupart des peptides injectables. À ce jour, leurs prétendus bienfaits n’ont pas été démontrés par des études solides. À l’instar de n’importe quel médicament ou traitement, ces produits ne devraient pas être utilisés sans en avoir discuté avec un professionnel de la santé.





