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C'est du moins l'avis de Laurent Lepage, professeur à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM, pour qui la résolution des problématiques environnementales repose désormais sur la participation citoyenne et l'implication des administrations publiques.
Pour dépasser une vision trop sectorielle des problèmes, notre équipe privilégie l'interconnexion des connaissances, poursuit-il. Par exemple, « on ne peut pas souhaiter régler les problèmes de transport et des gaz à effet de serre sans se préoccuper de l'étalement urbain ».
Citoyens, gouvernements, avocats, biologistes, éco-toxicologues et combien d'autres, peuvent et doivent participer de leurs expertises à la protection et la restauration de l'environnement.
Objet de l'un des projets de recherche, la décontamination du port de Montréal révèle cette nouvelle dynamique entre science et société.
«Il y a une dizaine d'années, dans l'une des zones d'activités "pétrochimiques" du Port de Montréal, on a assisté, lors d'une période de canicule, à la remise en suspension de sédiments contaminés», explique Laurent Lepage, aussi titulaire de la Chaire d'études sur les écosystèmes urbains de l'UQAM. «Cette contamination est imputable aux rejets industriels depuis les années 1920. » Il fut alors demandé d'urgence à Environnement Canada d'intervenir auprès des raffineries riveraines. «Les citoyens s'inquiétaient de voir cette pollution suivre le courant principal du fleuve pour s'infiltrer dans la chaîne alimentaire et contaminer la faune, comme les bélugas. » Mais comment agir?
Les compagnies pointées du doigt ne souhaitaient pas être qualifiées de pollueurs, puisqu'elles n'avaient jamais enfreint les normes environnementales depuis les 30 dernières années. La pollution est "ancienne". En revanche, fonctionnaires et citoyens exigeaient une action rapide de restauration. C'est grâce à un lieu de concertation animé par la ZIP Jacques-Cartier qu'une approche intégrée a été adoptée. Ainsi, une solution socialement acceptable, écologiquement défendable et économiquement possible a été élaborée...
Ce sont ces approches intégrées que l'équipe de la Chaire diffuse au Sahel dans un contexte d'élaboration de stratégies d'adaptation aux changements climatiques.
Les blogues ou le citoyen sentinelle
Contrairement aux médias traditionnels, les blogues mettent en place des espaces de dialogues qui s'inscrivent dans la continuité. Autrement dit, un commentaire en appelle nécessairement un autre.
En se questionnant sur les impacts des OGM, des risques environnementaux de certains procédés industriels, de l'importance d'amorcer tel ou tel type de recherche, les scientifiques et le grand public participent mutuellement à faire progresser les interrogations de base : pourquoi la science? Vers quoi la science?
« Les individus deviennent des partenaires dans la production des connaissances autant que dans l'utilisation de celles-ci», soutient le professeur.
par Danny Raymond
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Laurent Lepage, professeur à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM
Titulaire de la Chaire d'études sur les écosystèmes urbains de l'UQAM
Membre du Conseil du patrimoine de la ville de Montréal
Collaborateurs du Centre de recherche en développement international (CRDI-Ottawa)
Membre du Groupe consultatif du Secteur 103 du Port de Montréal, sédiments contaminés, ZIP – Jacques-Cartier
Membre du groupe des partenaires du Plan stratégique de développement durable de la Ville de Montréal




