dreamstime_6427926.jpg
Cette semaine, Simona Bignami, professeure au département de démographie de l’Université de Montréal, te parle du SIDA en Afrique.

L’ampleur de la pandémie du SIDA qui s’abat sur notre monde est indéniable. Elle a fait plus de 25 millions de morts depuis son apparition dans les années 1980 et selon les dernières estimations de l’ONUSIDA entre 30 millions et 36 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2007. Le nombre annuel des nouvelles infections à VIH était compris entre 2,2 et 3,2 millions, et entre 1,8 et 2,3 millions de personnes étaient décédées à cause du sida en 2007 (1).

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

Les pays de l’Afrique subsaharienne restent les plus fortement touchés par le VIH: 35% des infections à VIH et 36% des décès dus au SIDA en 2007 se sont produits dans cette région qui, dans l’ensemble, abrite 67% de toutes les personnes vivant avec le VIH au niveau mondial. Néanmoins, les épidémies en Afrique subsaharienne varient considérablement d’un pays à l’autre pour ce qui est de leur taille comme de leur portée. La prévalence nationale du VIH chez les adultes (c’est-à-dire la proportion d’adultes dans la population générale qui ont contracté le VIH) est inférieure à 2% dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, ainsi que dans la Corne de l’Afrique, mais en 2007, elle était supérieure à 15% dans sept pays d’Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe). (2)

Les deux défis de la lutte contre le SIDA en Afrique—qui est un des objectifs du Millénaire pour le développement — ont été et, dans un certaine mesure, sont encore la disponibilité des données et l’identification des méthodes de prévention efficaces. Il est seulement depuis 2001 que des données épidémiologiques sur la prévalence du VIH sont disponibles sur la base des enquêtes nationales. Au même temps, les campagnes de prévention du VIH/SIDA qui visent à la modification du comportement des individus (3) ont eu un succès très variable et, dans plusieurs cas, ont été très inefficaces.

En partie pour cette raison, en parallèle aux efforts en matière de prévention, depuis 2004 les gouvernements africains se sont concentrés sur l’élargissement de l’accès au traitement du VIH (4) en réponse à l’initiative de l’OMS/ONUSIDA « 3 millions d’ici 2005 ». Lancée en décembre 2003, cette initiative proposait l’expansion massive de la thérapie antirétrovirale, pour faire en sorte que 3 millions de personnes soient placées sous antirétroviraux avant la fin de 2005. Bien que ce but n’était pas atteint, l’initiative a été cruciale pour catalyser une action sans précédent d’élargissement de l’accès aux traitements dans les milieux aux ressources restreintes. En décembre 2007, le nombre de personnes au bénéfice d’une thérapie antirétrovirale dans les pays à revenu faible ou intermédiaire a été multiplié par plus de 10 par rapport au 2003 et 31% de ceux qui avaient besoin d’un traitement en avait accès.

Malgré ces progrès substantiels en matière de prévention et de traitement, le VIH/SIDA reste la principale cause de mortalité chez les adultes en Afrique. La faiblesse des systèmes de santé et la pénurie de ressources humaines sont les principaux obstacles pour accéder à de meilleurs soins.

Références:

- (1) ONUSIDA, Rapport sur l’épidémie mondiale du sida 2008, Genève: ONUSIDA; p.32.

- (2) ONUSIDA, op. cit., p.39.

- (3) Puisque le VIH est une infection sexuellement transmissible, les efforts faits pour la prévention de sa diffusion se sont concentrés sur la modification du comportement sexuel des individus. Ces efforts s’articulent autour de la promotion de l’abstinence, de la fidélité et de l’utilisation du condom--stratégies reconnues sous l’acronyme anglais ABC (A: Abstinence, B: Be faithful et C: use Condoms). - (4) Même s’il n’existe pas encore de vaccin préventif du VIH, vers le milieu des années 1990 l’apparition des thérapies fondées sur les médicaments antirétroviraux a permis la prise en charge de l’infection VIH, avec un impact beaucoup plus marqué et durable qu’on ne l’avait prévu lors de leur apparition. Les récentes études conduites au Danemark suggèrent qu’un jeune homme dont le VIH vient d’être diagnostiqué pourrait vivre encore 35 années grâce aux médicaments disponibles, ce qui triple l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH (Lohse N et al., Survival of Persons with and without HIV Infection in Denmark, 1995-2005, Ann Intern Med 2007; 146, 87-95.). - (5) ONUSIDA, op. cit., p.135.

Tu as aimé ce billet? Tu aurais des questions à poser à Simona Bignami? Tu possèdes des informations sur ce sujet et tu aurais envie de les partager? Alors poste un commentaire sur Blogue ta Science! Comment? C’est très simple: clique sur « Ajouter un commentaire » en haut du billet. Tu verras apparaître une fenêtre au-dessus de laquelle sera écrit « Votre commentaire ». C’est là que tu poses ta question ou ton commentaire. Tu dois ensuite inscrire ton nom ou ton surnom dans la case d’en bas. Pour terminer, tu dois inscrire les chiffres et les lettres (attention aux majuscules!) dans la case « Entrez la chaîne de caractères affichée dans l'image ». Tu cliques ensuite sur le bouton « Ajouter un commentaire » et le tour est joué! Reviens visiter la page dans quelques jours pour voir si on a répondu à ta question dans la chaîne des commentaires.

Je donne