Les Américains ne sont pas seulement plus gros : ils sont également plus malades que les Britanniques. Mais les scientifiques ont bien du mal à expliquer pourquoi.

Au terme d’une étude comparative des dossiers médicaux de 8000 hommes blancs de 55 à 64 ans vivant des deux côtés de l’Atlantique, des chercheurs dressent un sombre portrait des fils de l’Oncle Sam. Le diabète est deux fois plus répandu aux Etats-Unis, le cancer y est 70% plus prévalent et les maladies cardiaques, 50% plus répandues.

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Les Américains qui se classent parmi les groupes les plus riches et les plus scolarisés ont un taux de maladies cardiaques et de diabète aussi élevé que les Britanniques des groupes les plus pauvres et les moins scolarisés !

L’étude est parue au début du mois dans le Journal de l’Association médicale américaine.

Il serait trop facile d’attribuer cela au taux plus élevé d’obésité aux Etats-Unis, souligne James Smith, de la Corporation RAND à Santa Monica (Californie). Car si on compare les fragments les plus obèses des deux populations, les écarts relatifs à la santé restent à peu près les mêmes.

Alors quelle peut être la cause ? Maladies infantiles ? Adultes plus stressés aux États-Unis ?

À moins que cette étude ne soit tout simplement dans l’erreur ? Le service d’information de la revue Nature pointe une étude de 2003, qui concluait que l’hypertension était 60% plus élevée en Europe qu’en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada). Mais l’Europe, ce n’est pas la Grande-Bretagne : peut-être que des pays moins chanceux venaient fausser les données ?

Chose certaine, si les experts médicaux en venaient à identifier des " facteurs nationaux " capables d’expliquer des différences statistiques aussi énormes, ils auraient en main des outils importants pour des campagnes de santé publique mieux ciblées. Comme l’explique James Smith, il n’y a aucune raison pour que les jeunes et moins jeunes Américains n’atteignent pas le même niveau de santé que leurs cousins britanniques.

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