Les Tibétains en exil font parler d’eux jusque dans les revues scientifiques. Voilà que des chercheurs américains se sont demandés si ceux qui ont fui le Tibet dans leur enfance sont plus à risque d’être dépressifs que ceux qui sont nés en exil. Réponse: eh bien oui.

L’enquête ne nous apprend toutefois rien sur les Tibétains qui habitent le Tibet, l’approbation du gouvernement chinois pour une telle étude étant manifestement difficile à obtenir...

L’équipe de l’École de médecine de l’Université Emory, à Atlanta, a procédé par voie de questionnaires pour évaluer l’état psychologique de 319 Tibétains vivant à Dharamsala et sur un campus de l’État de Himachai Pradesh, en Inde. Certains sont nés au Tibet, d’autres sont nés dans ces lieux, au milieu de communautés tibétaines dites « en exil ».

« Les étudiants nés au Tibet démontrent un plus haut niveau de dépression et d’anxiété que les Tibétains nés en exil, que ce soit en Inde ou au Népal », lit-on dans le communiqué. Mais il faut savoir que le départ du Tibet, pour ceux qui l’ont vécu, a de quoi laisser des traces dans un cerveau : « un tiers de ces réfugiés sont des enfants et 90% de ces enfants sont sans parents », explique Charles Raison. « Leur fuite du Tibet vers l’Inde à travers les périls de l’Himalaya est remplie de risques de traumatismes. » L’étude est parue dans l’édition d’avril du Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology.

Les chiffres les plus souvent cités par le gouvernement tibétain en exil parlent de 2500 Tibétains par année, partis chercher refuge en Inde ou au Népal. La Chine a envahi le Tibet en 1949.

Le gouvernement chinois maintient que l’espérance de vie s’est accrue au Tibet depuis 1949, une affirmation remise en contexte par les chiffres de la Banque mondiale, qui montrent un accroissement de l’espérance de vie équivalent dans tous les pays en voie de développement.