C’est un peu comme de voyager dans le temps : la supernova avait été observée en novembre 1572 par le plus célèbre astronome de son époque, le Danois Tycho Brahe, et elle a été à nouveau observée en 2008, aux limites du détectable, grâce à des télescopes, en Espagne et à Hawaii, dont la puissance aurait été jadis impensable.
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Certes, ce n’est pas la même chose qui a été observée il y a 400 ans et cette année : on n’a pas vraiment voyagé dans le temps. En 1572, c’était la « vraie » lumière de cette étoile explosant dans la constellation de Cassiopée, qui nous parvenait après un voyage en ligne droite. Tycho Brahe l’avait décrite comme « plus brillante que Vénus » et l’avait scrupuleusement observée pendant cinq mois. En 2008, c’est une mince partie de cette même lumière qui nous parvient avec 400 ans de retard, après avoir ricohé contre des myriades de particules de poussière cosmique.
Cela a, au passage, permis aux astronomes co-dirigés par l’Allemand Oliver Krause, de l’Institut Max-Planck, d’en apprendre plus sur la nature de cette supernova; leurs analyses de ces « fragments » de lumière, qui classifient SN1572 comme une étoile de type 1a, sont publiées dans la dernière édition de la revue Nature. La technique utilisée, dit-on, sera très certainement testée sur d’autres supernova.
Au-delà de ce détail en apparence anodin, il faut savoir que cette étoile a une valeur historique : car les observations de Tycho Brahe, en révélant qu’il s’agissait d’une nouvelle étoile, entraient en contradiction avec la vision multi-séculaire d’un ciel étoilé immuable. Cette remise en question majeure avait pavé la voie aux travaux de Kepler et de Galilée.
Une supernova, qui est une étoile qui achève sa vie dans une gigantesque explosion, est aussi un événement relativement rare : dans l’ensemble de notre galaxie, on estime n’en avoir observé que six au cours du dernier millénaire. C’est aussi par ces explosions que, croit-on, la vie est devenue possible dans l’Univers : parce que c’est dans la fournaise des étoiles que sont forgés les éléments chimiques plus lourds, comme le carbone et l’oxygène, sans lesquels nous ne serions pas là. Et c’est ensuite par ces explosions d’étoiles que ces éléments plus lourds sont éparpillés dans l’Univers, où ils deviendront les éléments constituants des futures planètes —et de ce qui habite ces planètes, qui sait.





