Quand elle s’est endormie, les hommes du Néandertal occupaient encore l’Europe. Elle se réveille à l’heure des nanotechnologies, des OGM et d’Internet. Il y a de quoi être dépaysé. Portrait d’une bactérie qui vient d’être « réveillée » après 120 000 ans passés dans les glaces du Groenland.

C’est peut-être sa petite taille qui lui a permis de survivre aussi longtemps : 10 à 50 fois plus petite que la beaucoup plus connue E. coli. Elle aurait ainsi réussi à se glisser dans de minuscules interstices dans la glace, se nourrissant des rares nutriments qui s’y glissaient aussi, jusqu’à ce qu’elle tombe complètement en hibernation.

Les chercheurs l’ont initialement découverte en 2004, à trois kilomètres de profondeur. Aujourd’hui, l’équipe de Jennifer Loveland-Curtze, de l’Université d’État de Pennsylvanie, ajoute que cette Herminiimonas glaciei pourrait être un modèle du type de microbes capables de survivre sur d’autres planètes, au milieu de la glace.

Pour l’amener directement au 21e siècle, les chercheurs l’ont d’abord gardée à 2 degrés Celsius pendant sept mois, puis à 5 degrés pendant quatre mois et demi. Au terme de cette période, ils avaient sous leurs yeux des colonies de minuscules bactéries brun-pourpre.

Et pour les amateurs de records, ceci n’en est pas un. Des chercheurs du New Jersey ont affirmé en 2007 avoir « réveillé » des bactéries gelées depuis huit millions d’années dans les glaces de deux vallées de l’Antarctique —peut-être la plus vieille glace du monde.