Le mouvement d’indignation qui a débuté à Wall Street en septembre s’est depuis étendu au monde entier. Des milliers de gens se regroupent –et Montréal n’est pas en reste— afin de protester pacifiquement contre les dérives et les abus du capitalisme.

La conférence de Laure Waridel, écosociologue et cofondatrice d’Équiterre, prononcée la semaine dernière lors de l’ouverture de la Maison du développement durable, ne pouvait pas mieux tomber.

«Nous faisons face à une triple crise», dit d’entrée de jeu la conférencière. À la fois environnementale, sociale et économique. «Ce qui en ce moment tue le plus de gens sur la planète, c’est la pauvreté. Nos revenus déterminent ce que l’on choisit de manger.»

Le modèle économique actuel est, selon elle, un modèle de croissance qui ne tient pas compte des limites des écosystèmes, ni des limites des individus. «On constate qu’il s’agit d’un échec et ce discours n’est plus seulement celui des écologistes. Même Nicolas Sarkozy l’a dit dans la préface du livre Richesse des nations et bien-être des individus, écrit par deux Nobels d’économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen.»

La conférencière tenait aussi à rappeler que l’économie est «une construction de notre société». Contrairement à ce qu’on nous laisse croire, «l’économie n’est pas une loi de la physique comme l’est la loi de la gravité. Tout se tient, car socialement, on associe une valeur à l’argent. Si l’argent perd sa valeur, une crise économique survient.»

Reconnaître que l’économie est une construction sociale permet aussi de la transformer, poursuit-elle. Comment bâtir cette nouvelle économie plus verte? «Les citoyens peuvent consommer de manière plus responsable et nous pouvons aussi demander aux entreprises de faire une triple reddition de compte. Plutôt que de seulement présenter leur bilan économique et leur rendement lors de leur assemblée annuelle, on peut leur demander un rapport d’impact environnemental et social. Pour l’instant, ça se fait sur une base volontaire», déplore-t-elle.

Ce n’est pas la dernière fois que l’on entendra parler de cette économie plus verte, car elle sera un des thèmes clés de la conférence sur le développement durable des Nations Unies à Rio en juin 2012.