Qu’est-ce que la conscience? Qu’est-ce qui a provoqué cette étincelle au sein de la vie? Sera-t-on capable un jour de la donner aux robots? Voilà quelques-unes des questions auxquelles les participants au congrès L’évolution et la fonction de la conscience présenté dans le cadre de la 4e édition de l’École d’été de sciences cognitives de l’UQÀM tentent d’apporter quelques éléments de réponses.

Les experts sont capables de «modéliser» la conscience grâce à la capacité d’action. Mais ils se questionnent toujours sur ce qui provoque cette action. «Si elle s’explique, le ressenti, lui, ne l’est toujours pas», relève Stevan Harnad de la Chaire de recherche du Canada en sciences cognitives et coorganisateur du congrès.

L’homme, dans son interaction avec le monde, expose des pensées, émet des idées et éprouve des sentiments. Une conscience des choses qu’il ne faut pas confondre avec l’intelligence – les machines ont déjà avec l’intelligence artificielle – qui serait plutôt de l’ordre du «savoir-faire».

Le grand défi n’est donc pas de concevoir un ordinateur intelligent, mais plutôt un «être sensible» et capable de s’adapter. «La grande question demeure comment reproduire ce trait évolutif et biologique qui nous distingue encore des machines», soutient le chercheur.

Et même des animaux (car sont-ils conscients d’eux-mêmes?) ou des plantes (ressentent-elles quelque chose lorsqu’on leur déchire les feuilles?). Selon l’hypothèse de Cleve Backster, tous deux possèdent un réflexe neurosensitif. Serait-ce alors les prémices de la conscience humaine au sein de l’évolution?

La douleur qu’ils ressentent ne constitue cependant pas un bon étalon, car il reste possible d’imaginer des capteurs de blessures qui permettraient au robot d’éviter les zones à risques. Mais sans pour autant que la machine ait un «ressenti», et donc une conscience de soi.

Alan Turing en vedette

Le congrès international célèbre le centenaire d’Alan Turing, le brillant mathématicien britannique et l’un des pères de l’ordinateur. Connu surtout pour son test et ses déchiffrages de codes secrets générés par la machine Enigma , ces travaux ont enfanté ce que l’on nomme maintenant les sciences cognitives.

«C’est un génie des calculs, grâce à qui nous avons remporté la guerre et fait un bond de géant dans la modélisation du monde et dans la compréhension de l’esprit», soutient Stevan Harnad.

L’intelligence artificielle a vu le jour avec ses travaux tout comme l’origine des sciences cognitives et ses nombreux questionnements autour de la perception, l’intelligence, le langage ou encore la conscience.

Il sera possible aussi de visionner les films de Turing, et bien d’autres vidéos, d’en apprendre un peu plus sur la conscience, son évolution et son indispensable rôle. Car sans ressenti, rien ne compte!