Si vous ignorez qu’on peut avoir des dépôts (douloureux) de calcium dans les testicules, vous êtes excusé: il y a des sujets de discussion plus agréables. Mais quand Facebook censure une photo de cette maladie sur la page du New England Journal of Medicine, croyant y avoir vu de la pornographie...

C’est l’histoire qu’est venu raconter —avec photos— le médecin James Colbert, du comité éditorial de la prestigieuse revue médicale, dans le cadre du Congrès sur la révision par les pairs, la semaine dernière à Chicago. Facebook a, depuis, renversé sa décision, mais il a d’abord fallu que le NEJM plaide auprès de la direction du réseau social qu’il ne s’agissait pas de photos pornos, mais de médecine.

Le fait que la revue ait pris la peine de plaider sa cause témoigne toutefois que quelque chose a changé depuis 10 ans: désormais, a confirmé James Colbert, Facebook serait la troisième plus importante source d’achalandage pour le NEJM! Et les visiteurs de la page Facebook du NEJM ne sont apparemment pas si différents des autres: les messages avec photos génèrent en moyenne deux fois plus de «j’aime» que ceux sans photos.

En bon scientifique, James Colbert est même arrivé devant ses confrères avec des statistiques. Il a assigné un facteur «Beurk» allant de 1 à 5 à différentes images médicales déjà parues, dans le but de voir si une corrélation se dégageait. Pari gagné: les plus «dégueues» (facteur Beurk de 5) avaient en moyenne 450 «j’aime», tandis que les moins pires (facteur Beurk de 1) n’avaient que 275 «j’aime».

Et comme tout ceci se déroulait dans le cadre d’un congrès où les scientifiques réfléchissent à l’avenir du traditionnel système de révision par les pairs, il y en a qui ont pu ironiser sur la future valeur d’un «j’aime» pour les futures recherches scientifiques...