« J’ai toujours pensé que les changements climatiques étaient un paquet d’idioties, mais à présent, je pense vraiment que c’est en train d’arriver. » C’est ce que déclarait cette semaine au Washington Post une nommée Margie White, « partisane de Trump de 65 ans » et surtout, résidente d’une région de Caroline du Nord touchée par l’ouragan Michael, moins d’un mois après l’ouragan Florence.

Le Post commence d’ailleurs son reportage par une image des plus explicites :

Il a fallu un chêne à feuilles de laurier géant traversant son toit pendant l’ouragan Florence le mois dernier, pour que Margie White considère qu’il y avait peut-être quelques vérités dans ces signaux d’alarme à propos du réchauffement climatique.

Déjà, que les tempêtes se sont faites plus fréquentes et plus intenses depuis 26 ans qu’elle et son mari habitent la région. Mais deux ouragans en quelques semaines, même si le deuxième, Michael, n’a touché terre « qu’à » 1000 km, ça impressionne.

Il n’y a pas que ces deux retraités qui semblent perplexes. Les pêcheurs et les fermiers de cette région politiquement très à droite discutent des effets du climat changeant sur leur gagne-pain, et osent même en discuter devant les médias nationaux — un sujet qui, il y a peu, aurait été tabou. En fait, à travers les États-Unis, des sondages ont révélé ces dernières années un effritement du roc anti-science qu’était devenu le parti républicain. Bien qu’un climatosceptique y soit toujours chez lui, jusqu’à la moitié des « jeunes républicains » se disaient préoccupés par la question climatique, dans une enquête réalisée en début d’année par un groupe d’intérêt conservateur. Et en Caroline du Nord, selon une enquête de l’Université Elon publiée ce mois-ci, seulement 31 % des républicains refusent encore de croire que le réchauffement climatique aura un impact sur leurs communautés côtières — contre 41 % l’an dernier.