En 2019, le « fact-checking », jadis réservé à une poignée de journalistes passionnés, va continuer de gagner de l’importance dans l’espace public, alors que de nombreux gouvernements parlent de réglementer la désinformation, et que les Facebook et Twitter de ce monde craignent comme la peste d’être réglementés.

C’est ce qui fait conclure à un reportage de l’Institut Poynter que ces grandes plateformes vont continuer en 2019 de prendre des initiatives anti-désinformation — que ce soit pour montrer leur bonne volonté, en soutenant financièrement des projets nationaux, ou pour s’éviter des poursuites, en bloquant les comptes les plus litigieux.

La plus connue de ces initiatives est le partenariat entre Facebook et des médias vérificateurs de faits qui, lancée en décembre 2016 aux États-Unis, touche aujourd’hui 49 partenaires dans 23 pays. À elle seule, l’Agence France-Presse emploie à présent 20 journalistes vérificateurs de faits dans 13 pays.

Mais l’impact de ce partenariat continue d’être difficile à mesurer. À l’inverse, WhatsApp, fortement critiquée pour avoir été une plateforme de désinformation, voire d’incitation à la violence, autour des élections en Inde et au Brésil, n’avait pas encore bougé sur ce front, à la fin de 2018.

Les innovations technologiques des uns et les autres seront donc à suivre en 2019. En théorie, chaque plateforme semble s’acheminer vers un système par lequel une source « crédible » peut apparaître plus haut dans les résultats de recherche — Google et Facebook ont un tel système depuis au moins 2016, YouTube en expérimente un depuis 2018. Mais plusieurs observateurs voient plus grand : un système de « notation » qui serait objectif et transparent. Les expériences jusqu’ici n’ont pas été probantes. NewsGuard par exemple, qui s’appuie sur une équipe de journalistes pour distribuer ces notes, a donné au réseau d’information continue Al-Jazeera la même note qu’au site d’extrême-droite Infowars.