Nouveau mystère dans l'air : les fluctuations du méthane depuis 40 ans dans l’atmosphère terrestre. Ce gaz a augmenté de façon globale dans notre air sans explication précise. Sa présence s’est en outre stabilisée de 2000 à 2006 sans plus de raisons apparentes.

La communauté scientifique s’interroge, révèle un reportage du magazine Undark. C’est que l’enjeu est énorme : le méthane est un gaz à effet de serre (GES) 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, même s’il disparaît environ 10 fois plus vite. L’augmentation de la concentration de méthane enregistrée depuis 2006 n’a par ailleurs pas été prévue dans les hypothèses sur le futur du climat présentées à la COP21, la conférence de 2015 qui a conduit à l’Accord de Paris.

Parmi les explications possibles : certains scientifiques accusent les émissions microbiennes de méthane provoquées par l’élevage, l’agriculture, les déchets alimentaires et les milieux humides. D’autres rejettent la faute sur la consommation et la production des énergies fossiles (notamment par la fracturation hydraulique et les sables bitumineux). Enfin, des chercheurs croient que le radical hydroxyle, qui provoque la disparition du méthane de l’atmosphère, pourrait se faire plus rare en raison des réactions chimiques qu’il aurait avec d’autres polluants. Entre toutes ces explications toutefois, un consensus se dégage : l’espèce humaine est responsable de la majorité de l’augmentation des 40 dernières années.

La situation pourrait encore empirer avec les considérables rejets de méthane qui pourraient être provoqués par la fonte de l’Arctique. Toutefois, une étude de l’International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), publiée en février dernier, suggère qu’il est encore possible de compenser ces émissions. La solution la plus simple serait de limiter les rejets provoqués par l’industrie du pétrole et du gaz. Dans ce but, l’organisation à but non lucratif Environmental Defense Fund conçoit un satellite pour repérer les émissions les plus importantes. Il devrait être fonctionnel à la fin de 2022.