Avec le recul historique, on a retenu que la première mission Apollo sur la Lune avait généré un énorme enthousiasme et contribué à changer la perception de notre place dans le cosmos. Mais on oublie que pendant les années précédentes, les Américains étaient plutôt mitigés à l’idée d’envoyer des hommes là-haut.

Pendant toutes les années 1960 en effet, aucun sondage n’a révélé un appui d’une majorité d’Américains à une mission lunaire. C’est ce que rappelle l’historien à la retraite Roger Launius dans son nouveau livre, Apollo’s Legacy : Perspectives on the Moon Landing.

Non sans raison : le programme Apollo a coûté 25,4 milliards, l’équivalent de 180 milliards en dollars américains d’aujourd’hui. À la fin des années 1960, c’était, dans le budget fédéral, la deuxième dépense la plus élevée du gouvernement américain, derrière la guerre du Vietnam. Certains sondages rangeaient même le « voyage spatial » près du sommet des programmes à couper, signalait Launius dès 2010.

L’émotion générée par le « petit pas pour l’homme, bond de géant pour l’humanité », allait balayer une partie de ce scepticisme en juillet 1969 — et encore, l’appui ne serait que de 53 %, un élément important à considérer quand on se rappelle qu’Apollo 17 fut la dernière mission lunaire, en 1972, bien que le programme ait prévu à l’origine des Apollo 18, 19 et 20.