Les changements climatiques ont peut-être d’ores et déjà engendré leurs premiers « réfugiés climatiques » en Amérique centrale. Et c’est une étude interne du gouvernement Trump qui est arrivée à cette conclusion, mais qui n’a pas été publiée.

Cette recherche, réalisée l’an dernier par le Bureau des douanes et de la protection des frontières, pointait un facteur dominant derrière les vagues successives de migrants venus du Guatemala : les pénuries de récoltes, particulièrement dans la région des hauts plateaux, pénuries elles-mêmes provoquées par une série de canicules et de sécheresses.

Le rapport avait été distribué au sein de l’administration gouvernementale, mais ne devait pas être rendu public. Le réseau de télé NBC a mis la main dessus. Le directeur de l’agence qui chapeaute entre autres le Bureau des douanes avait par contre publiquement tiré la sonnette d’alarme quant aux risques posés par les pénuries alimentaires au Guatemala. « L’insécurité alimentaire, et non la violence, semble être le facteur-clef pour la décision d’entreprendre le voyage depuis le Guatemala. » Mais en octobre dernier, le gouvernement Trump a plutôt décidé de couper l’aide financière à ce pays.

Les données recueillies pour ce rapport tendent à montrer que les migrants arrivent en plus grand nombre des régions les plus touchées par les pénuries alimentaires. En avril dernier, un reportage du New Yorker réalisé sur place arrivait à la même conclusion : la région tout entière est plus fragile devant d’éventuelles nouvelles menaces climatiques, mais ce sont les hauts plateaux qui en constitueraient la partie la plus vulnérable.


Ajout 27 octobre: pays voisin du Guatemala, mêmes problèmes. Un reportage du California Sunday Magazine identifie également des migrants du Honduras comme des gens déplacés à cause des changements climatiques.