Le gouvernement Trump a une autre bonne raison pour ne pas regarder dans le blanc des yeux la crise des migrants d’Amérique centrale : celle-ci pourrait être nourrie par les changements climatiques.

 

Les hauts plateaux de l’ouest du Guatemala, qui s’étendent d’Antigua jusqu’à la frontière mexicaine,
Les hauts plateaux de l’ouest du Guatemala, qui s’étendent d’Antigua jusqu’à la frontière mexicaine.

 

Les hauts plateaux de l’ouest du Guatemala sont l’épicentre d’une crise « que nous ne pouvons plus ignorer », commente cette semaine un reportage sur le terrain du magazine New Yorker. La région tout entière est plus fragile devant d’éventuelles nouvelles menaces climatiques, mais ce sont les montagnes qui en constitueraient la région la plus vulnérable :

Les hauts plateaux de l’ouest, qui s’étendent d’Antigua jusqu’à la frontière mexicaine, couvrent à peu près 20 % du Guatemala et contiennent une bonne partie des 300 micro-climats du pays… La population est surtout autochtone, et le mode de vie presque exclusivement agricole. Le taux de malnutrition, qui tourne autour de 65 %, est parmi les plus élevés de l’hémisphère occidental.

Depuis cinq ans, trois ouragans majeurs ont entraîné des dommages considérables, tandis que des pluies diluviennes — l’équivalent d’une année de précipitations en une seule semaine — ont mis à mal des années d’agriculture, rapportait le National Geographic l’automne dernier. Or, c’est aussi dans les cinq dernières années que l’immigration guatémaltèque vers les États-Unis, qui était à peu près stable depuis le XIXe siècle, a commencé à augmenter. En 2018 seulement : 50 000 familles arrêtées à la frontière — deux fois plus qu’en 2017.

Il est impossible d’attribuer directement ces migrations aux changements climatiques — même si le gros de ces migrants provient des plateaux de l’ouest — mais il est certain que si ces événements météorologiques extrêmes continuent de sévir — et de croître — le continent nord-américain pourrait à son tour découvrir que le concept de « réfugiés climatiques » ne s’applique pas qu’aux pays d’Asie ou d’Afrique. Et l’annonce de Washington, samedi dernier, de couper l’aide financière à trois pays d’Amérique centrale, dont le Guatemala, n’arrangera pas les choses.


Ajout 26 septembre 2019: Les premiers réfugiés climatiques des Amériques?