Des 68 inscrites au marathon féminin du Championnat du monde d’athlétisme, vendredi à Doha, seulement 40 ont terminé la course. Alors que la température dépassait déjà les 30 degrés. Et la « température ressentie », les 42 degrés. Et il n’était que 3 heures du matin.

Les autorités sportives du petit état du Qatar, sur le bord du Golfe Persique, avaient en effet décidé de tenir le marathon en pleine nuit dans l’espoir d’échapper aux chaleurs caniculaires… de septembre. Peine perdue: il semblerait que 28 abandons représente un nouveau record pour les Mondiaux d’athlétisme. Le départ du 50 km marche s’est également donné peu avant minuit samedi, sous une température qui était déjà de 30 degrés, avec un taux d’humidité de 65%.  

Ce n’est pas seulement la légitimité d’avoir accepté la candidature du Qatar pour des Championnats d’athlétisme qui est remise en question depuis vendredi, ni la légitimité de lui avoir attribué la Coupe du monde de football de 2022. C’est toute la réalité de cette région du globe qui inquiète, elle qui se retrouve en première ligne du réchauffement climatique: les canicules faisaient déjà partie de l’ordinaire depuis des siècles, mais elles battent de nouveaux records d’intensité ces dernières années, au point où on commence à spéculer sur la possibilité que des villes deviennent carrément invivables. Un autre petit État de la région, le Bahrein, s'est décrété « sévèrement menacé » par les changements climatiques, entre canicules extrêmes et assèchement des réserves d’eau.

C’est qu’il y a des limites à la résistance du corps humain, même quand on ne court pas un marathon. Les chercheurs en santé utilisent à cette fin la mesure dite de «température humide» (wet-bulb temperature), en vertu de laquelle des gens âgés ou malades peuvent perdre la vie au-delà de 35°C : soit l’équivalent en «température ressentie» —dans le langage des météorologues— de 46°C lorsque le taux d’humidité approche les 50%. Ou de 53 degrés lorsque le taux d’humidité approche les 80%.