Une bactérie E. coli qui, plutôt que de nous rendre malades, se nourrirait de CO2 —plutôt que de sucres ou de gras. Ce qui pourrait être une façon inédite de réduire les émissions de gaz à effet de serre… à condition de trouver une façon de l’empêcher de s’attaquer en même temps aux êtres vivants les plus proches. 

Des chercheurs décrivent cette E. coli génétiquement modifiée dans l’édition du 27 novembre de la revue Cell. En gros, ils ont ajouté des gènes permettant à une enzyme de convertir le CO2 en composé organique, et ont retiré ceux qui étaient nécessaire pour « avaler » le sucre. Ils ont ensuite laissé les bactéries se diviser pendant 200 jours —période de temps après laquelle une souche de ces bactéries avait évolué au point d’être capable de croître sans avoir besoin de sucre.

Et il se trouve que ce n’est même pas la première fois que des généticiens ou des microbiologistes s’attellent à créer une telle bactérie friande de CO2: pour les précédentes, ce gaz n’était qu’une partie minime de leur « régime ». Un détail non négligeable, considérant que dans le processus, elles produisaient plus de CO2 qu’elles n’en consommaient. En fait, même cette bactérie-ci, aussi gloutonne qu’elle soit, continue de produire dans le processus plus de CO2 qu’elle n’en « avale ».

On est donc encore très loin de pouvoir rêver à des bactéries qui seraient un jour relâchées dans l’atmosphère pour en retirer nos excès de gaz à effet de serre. En fait, l’objectif premier est plus modestement de convertir ce CO2 en quelque chose d’utile: nourriture ou biocarburant, par exemple. Qui plus est, amener une bactérie à produire de la nourriture ou du biocarburant à partir de CO2, plutôt qu’à partir de sucre, serait une économie d’énergie.