La deuxième visiteuse interstellaire de l’histoire est, en ce mois de décembre, au plus près du Soleil et un grand nombre de télescopes sont dirigés sur elle. Mais ce ne sont pas des photos de la comète Borisov qui intéressent les experts: c’est sa composition chimique. 

Chacun des éléments chimiques du Tableau périodique possède en effet son spectre, ce qui permet à un télescope de « voir » de quoi est composée cette comète. De sa composition, on peut déduire des choses sur les limites de température et de pression sous lesquelles elle s’est formée. Par ailleurs, cela pourrait permettre de ranger Borisov dans l’une ou l’autre des catégories de comètes propres à notre système solaire.

Le fait qu’elle ne soit pas originaire de notre système solaire est raisonnablement sûr: sa trajectoire et sa vitesse (plus de 150 000 km/heure) font d’elle un objet qui ne fait « que passer », plutôt que d’être emprisonné sur une orbite autour de notre Soleil. Mais cela n’empêche pas qu’elle aurait pu s’être formée dans des conditions en tous points similaires à « nos » comètes: les prochaines semaines seront à cet égard déterminantes pour ceux qui la suivent à la trace —et qui espèrent des surprises.

De son nom complet, 2I/Borisov – il s’agit de 2 et i, pour deuxième interstellaire— la comète était à son point le plus rapproché du Soleil le 8 décembre —à 299 millions de kilomètres, soit un peu plus que la distance Soleil-Mars— et elle sera à son point le plus rapproché de la Terre le 28 décembre. Le télescope spatial Hubble en a pris une nouvelle photo le 9 décembre, qui montre un point blanc, plus brillant que les autres étoiles grâce à la chaleur de notre Soleil qui entraîne davantage de « dégazements » —tandis que le noyau dur, au centre, est trop petit et trop loin pour pouvoir être distingué du reste. 

Pendant quelques mois encore, elle restera un objet de convoitise pour les astronomes —au contraire du premier visiteur interstellaire, Oumuamua, qui, en 2017, n’avait été détecté qu’au moment où il était déjà en train de s’éloigner de nous. Au milieu de 2020, Borisov dépassera l’orbite de Jupiter, à 800 millions de km de nous. 

Ceci dit, le fait qu’on ait détecté deux objets interstellaires en moins de trois ans, laisse supposer qu’il y en a beaucoup plus qu’on ne le soupçonnait jusqu’ici, et qu’il faut s’attendre à d’autres visites-surprises.

 

Ajout 26 décembre - Les astronomes amateurs ne doivent pas avoir de faux espoirs: observer la comète avec un petit télescope sera très difficile (New York Times).