Il ne respire pas l’oxygène. Et pourtant, il vit… et on ne sait pas trop d’où il tire son énergie. 

Il faut se rappeler que toutes les plantes et tous les animaux —jusqu’à aujourd’hui, du moins— ont en commun… de pas pouvoir se passer d’oxygène. Ce gaz génère un « carburant » appelé ATP (adénosine triphosphate) qui fait fonctionner la cellule, à travers les structures internes de cette dernière que sont les mitochondries. 

Mais on connaît désormais une exception, qui n’a justement pas de mitochondries, ou du moins dont l’essentiel des gènes de la mitochondrie ne sont plus là, ce qui signifie que cette bestiole n’a pas la capacité de se brancher sur l’oxygène environnant: Henneguya salminicola, un membre de la famille des Cnidaires, proche cousin de la méduse et parasite du saumon. Une équipe de biologistes de trois pays (États-Unis, Israël, France) décrit cette caractéristique inusitée dans la revue PNAS.

On connaît des micro-organismes qui peuvent se passer d’oxygène —et chez qui la mitochondrie a perdu tout ou partie de son génome. Mais il a beau être microscopique, Henneguya salminicola est un animal. 

Si on en connaît un, pourrait-il y en avoir d’autres? Il est possible que la clef soit le fait qu’il s’agisse d’un parasite: en infectant d’autres animaux, peut-être réussit-il à « importer » l’ATP de son hôte. Mais c’est pure spéculation: une analyse plus fine de son génome résoudra peut-être l’énigme.