En trois semaines, 90 médias dans 39 pays ont publié quelque 400 vérifications de faits autour du nouveau coronavirus. Dont plusieurs dizaines tournaient autour de faux traitements ou de fausses façons de prévenir la contagion. Et un rapide survol de ce qui a été publié depuis le 24 janvier, révèle que ces fausses nouvelles demeurent très populaires.

Ce texte, dont on peut trouver la version originale ici, 
fait partie d’un projet collaboratif lancé le 24 janvier par
l’International Fact-Checking Network (IFCN), dont fait partie le Détecteur de rumeurs.

 

Ces médias font partie de l’International Fact-Checking Network, et leurs publications peuvent être suivies sur Twitter par les mots-clics #CoronavirusFacts et #DatosCoronavirus.

Le 28 janvier par exemple, l’Américain PolitiFact a publié un texte prévenant son audience que, contrairement à une rumeur circulant sur Twitter, boire de l’eau de Javel ne guérissait pas du coronavirus. Ça peut même avoir des « effets secondaires potentiellement mortels ». 

Deux semaines plus tard pourtant, l’idée circulait suffisamment aux États-Unis pour qu’un second site, FactCheck.org, juge important de publier un long article soulignant que l’ingestion de ce liquide pourrait causer des « nausées, vomir, de la diarrhée et une sévère déshydratation ». Le même jour, The Daily Beast publiait un long reportage signalant que la même fausseté était diffusée sur YouTube par des « influenceurs ».

La vitamine C n’est pas non plus capable de prévenir la contagion. Le 25 janvier, BoomLive, en Inde, alertait les autres vérificateurs de faits de cette rumeur se répandant sur Facebook. Quatre jours plus tard, le mensonge arrivait au Brésil via WhatsApp. Aos Fatos soulignait que même l’Organisation mondiale de la santé déboulonnait cette rumeur sur son site. 

En Italie et à Taïwan, ce sont des produits pour le lavage des mains dont Pagella Politica et le Taiwan Fact-Checking Center se sont préoccupés —le premier ayant dû contacter le fabricant d’un gel pour les mains créé en 2010, tandis que le second était confronté au vendeur d’un produit « d’enzymes naturelles » pour se laver les mains et le nez, vendu comme une façon d’éviter le nouveau virus. 

Non, a écrit Lead Stories, la Roumanie n’a pas développé un vaccin capable de tuer le coronavirus chez les Blancs. Non, a vérifié PesaCheck, l’Université du Kenya n’a pas découvert un vaccin en 2019. Non, a conclu JTBC News en Corée le 30 janvier, la soupe à l’ail ou l’ail pur ne guérissent pas le coronavirus —une rumeur également déboulonnée au Ghana le 7 février et en Inde le 10 février.

Et au cas où vous en douteriez, il n’y a aucune donnée scientifique à l’effet qu’on puisse se débarrasser du virus avec du cannabis ou de l’urine de vache.

 

-Cristina Tardaguila