La Coupe du monde 2026 pourrait être « la plus polluante » des Coupes du monde de l’histoire, avec des émissions atteignant près du double du record précédent.
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La faute en revient aux voyages en avion, qui pourraient générer à eux seuls 7,7 millions de tonnes d’équivalent CO2, sur les 9 millions estimés pour l’ensemble de l’événement. Le calcul provient d’un rapport du New Weather Institute, un groupe de réflexion sur le climat et la transition énergétique.
Comme l’événement est partagé cette année entre trois pays —Canada, États-Unis, Mexique— et que les différents matchs ont lieu dans des villes séparées par la largeur du continent nord-américain —Vancouver et Boston par exemple, ou San Francisco et Miami— cela veut dire que joueurs et partisans prendront beaucoup plus souvent l’avion pour se rendre d’un stade à un autre que dans les éditions précédentes. Le magazine Sports Illustrated en a fait une liste : des équipes comme l’Algérie ou la Tchéquie vont devoir se taper plus de 4500 km.
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Mais l’empreinte carbone totale vient aussi du fait que, depuis la Coupe du monde de 2022 au Qatar, la Fédération internationale de football (FIFA) a augmenté le nombre d’équipes participantes de 32 à 48. Le New Weather Institute estime ainsi que l’événement de 2030, en Espagne, bien que sur un territoire plus restreint, se traduira tout de même par 6,1 millions de tonnes d’équivalent CO2, et celui de 2034 en Arabie saoudite, par 8,6 millions. Et ce, « en vertu d’hypothèses conservatrices ».
Un calcul des journalistes de la division des sports de la BBC était arrivé à une conclusion similaire à la fin-mars, mais en se concentrant uniquement sur les déplacements des amateurs britanniques. Ou plus exactement, sur un seul hypothétique spectateur qui se donnerait pour mission d’assister à tous les matchs de son équipe: si celle-ci se rendait jusqu’en finale, le spectateur en question se retrouverait avec une empreinte de 3,5 tonnes de CO2. L’avantage de s’y rendre à plusieurs étant que la « dette » des voyages en avion est mieux distribuée...
Au moins, notait dimanche dernier le professeur de science politique Jules Boykoff, l’édition 2026 ne sera pas confrontée au double problème environnemental du Qatar en 2022: l’eau. Parce qu’il s’agit d’un minuscule pays situé aux portes du désert, il avait fallu des usines de désalinisation de l’eau de mer, coûteuses en énergie; et parce qu’un gazon impeccablement vert n’est pas abondant là-bas, il avait fallu en faire venir d’Amérique du Nord... par avion.




