Un texte de Carine Touma

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Après le succès de sa première édition, la Semaine de la presse et des médias est de retour, toujours avec l’objectif de mieux faire connaître le monde du journalisme auprès des citoyens.

Des activités gratuites seront organisées partout au Québec du 27 avril au 3 mai 2020 et se déclineront en deux parties : un volet école et un volet grand public.

Il y a un peu plus de deux ans, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a mis sur pied, en collaboration avec l’Agence Science-Presse, le programme 30 secondes avant d’y croire. Dès sa création, cette formation sur les fausses nouvelles a suscité un grand intérêt, preuve qu’il y avait un vide à combler. « C’était clair que les gens avaient besoin de mieux comprendre la désinformation sur les réseaux sociaux, et même de comprendre de façon générale ce qu’est la presse », explique Catherine Lafrance, directrice générale de la FPJQ.

La Semaine de la presse, version québécoise, est ainsi née. L’idéatrice du programme 30 secondes, Line Pagé, et la journaliste Ève Beaudin ont proposé l’aventure, inspirées par le travail du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (CLEMI), qui organise en France la Semaine de la presse et des médias dans l’école, dont la 31e édition aura lieu fin mars.

Rebâtir la confiance

La Semaine de la presse est une façon pour la FPJQ de construire un pont entre les médias et le public et de rétablir un lien de confiance qui s’est érodé ces dernières années. « Je pense que ce dialogue doit exister plus que jamais, insiste Mme Lafrance. Parce qu’en cette ère de manipulation de l’information, mieux le public connaîtra les journalistes, les réalités auxquelles ils doivent faire face et les règles du métier, mieux il comprendra [la presse]. »

Avec tous les moyens de communication à notre portée, il devient plus compliqué pour les journalistes de remplir « leur mission de messager », estime pour sa part Guilaine Spagnol, coordonnatrice aux événements de la FPJQ. D’où l’importance d’un événement qui permet de rendre le travail journalistique plus transparent, ajoute-t-elle.

La curiosité des participants a particulièrement enchanté Catherine Lafrance l’an dernier. « J’avais l’impression qu’il y avait des gens qui ne comprenaient pas tous les rouages des entreprises de presse et qui en ont appris davantage », dit-elle.

Pour cette deuxième édition, « on conserve nos classiques », assure Mme Lafrance, soit des conférences et des expositions à la Grande Bibliothèque de Montréal, des expositions de photos de presse, notamment celles des finalistes au prix Antoine-Desilets, des journées portes ouvertes dans des hebdos et des stations de radio communautaire, ainsi que des rencontres entre étudiants et journalistes. Le comité organisateur s’affaire à mettre les dernières touches avant le dévoilement de la programmation complète, probablement en mars.

Une des activités les plus populaires l’an dernier a eu lieu au Cégep régional de Lanaudière à l’Assomption, où neuf journalistes pratiquant une facette différente du journalisme étaient allés à la rencontre des étudiants, dans des cours ou lors de tables rondes par exemple, explique Guilaine Spagnol. Le format sera repris cette année à l’Assomption et un ou deux autres cégeps pourraient se joindre à la partie.

La FPJQ a d’ailleurs signé un partenariat avec le CLEMI, ce qui lui ouvre une porte sur le monde, se réjouit Mme Lafrance. Cette entente permet à la Fédération d’organiser cette fois-ci des activités avec des journalistes et des caricaturistes internationaux.

Un magazine pour les 9-12 ans

Dans le cadre du volet école de la Semaine de la presse, la FPJQ lancera ce printemps Pour ton info, un magazine adressé aux 9-12 ans. « C’est un âge où ils se posent beaucoup de questions », remarque Guilaine Spagnol.

Le magazine de 24 pages comprendra des entrevues, des témoignages, des photos de presse, des jeux (bien sûr), et même un bédéreportage. « On va user de différentes rubriques pour illustrer les différents métiers », explique Mme Spagnol. L’objectif est d’initier les jeunes de quatrième, cinquième et sixième année aux médias d’information.

Pour ton info sera disponible gratuitement en format numérique dès le 27 avril, mais, grâce à un concours, quinze écoles ont d’ici là la chance de remporter des exemplaires imprimés et une rencontre avec un professionnel de l’information pendant la Semaine de la presse. Et qui sait, la version papier du magazine pourrait ainsi être partagée avec les amis et la famille. « Ça pourrait faire revenir un intérêt pour la presse écrite », espère Mme Spagnol.