Onze milliards dans la Fondation canadienne pour linnovation. Trois cents millions par année dans les 2000 chaires dexcellence pour retenir les meilleurs cerveaux. Quatorze milliards en recherche et développement dans les institutions post-secondaires. Depuis 2004, pour la première fois depuis des décennies, le cabinet du premier ministre canadien abrite un conseiller scientifique (voir ce texte): son intention est de définir une politique scientifique canadienne échelonnée sur 10 ans. Et surtout de rappeler à Stephen Harper combien les sciences sont importantes pour le pays.
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La commercialisation des innovations scientifiques devrait constituer le cur de cette vision, estime Arthur Carty. Selon lui, les universités doivent utiliser leur expertise en recherche pour développer des programmes de commercialisation et promouvoir linnovation dans lindustrie. " Les entreprises canadiennes narrivent pas à tirer profit au maximum des idées universitaires pour améliorer leurs produits, explique M. Carty. Peu sensibilisées à linnovation, elles ne dépensent pas beaucoup dargent en capital de risque. "
Il cite lexemple des grappes environnementales en Californie où sest établie une forte tradition de maillage entre les industriels et les scientifiques. " Cest pourquoi il faut convaincre les gradués denvisager une formation dans des entreprises par le biais de stages ", insiste M. Carty, qui est chimiste de formation.
Une stratégie en trois volets
La stratégie qu'il envisage devrait consolider en premier lieu la base de recherche existante et instaurer un système dinnovation partout au pays. Par lentremise du FCI, le Canada trône au palmarès des pays du G8 pour les dépenses en recherche et développement dans les collèges et les universités, rappelle-t-il.
Il faut aussi créer un réflexe dinnovation dans lesprit des industriels. Enfin, Arthur Carty entend renforcer le leadership des laboratoires au sein même du gouvernement. Il cite notamment le Centre national de recherche scientifique (CNRS), Environnement Canada et le ministère des Ressources naturelles, qui peuvent donner lexemple et pousser lindustrie à linnovation, précise-t-il. " Nous devrons intégrer les capacités de tous les départements concernés pour sattaquer aux défis nationaux."
Parmi ces défis: la gestion de leau, où doivent converger les ressources de lindustrie, des gouvernements et du milieu universitaire.
Comment tout cela se traduira-t-il dans un éventuel plan stratégique 2006-2010? Dans le milieu scientifique, une question reste aussi, à savoir si le nouveau premier ministre consentira à rendre cette stratégie concrète; traditionnellement, les politiciens ont rarement vu dans la science une priorité...





