N'y voyez surtout pas une insulte. Ni un compliment. En fait, les chercheurs n'ont aucune idée de ce que cela signifie. Ils viennent simplement d'observer en quoi se distingue le cerveau des gens doués pour les langues.
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C'est ainsi que, morceau par morceau, se dégage des études récentes un portrait de notre cerveau: la technologie dite d'imagerie par résonance magnétique –celle qui permet, littéralement, de "voir" l'intérieur de notre crâne pendant que nous travaillons– a été employée ces dernières années pour observer le cerveau de musiciens, de mathématiciens, de conducteurs de taxis... et même de gens qui font l'amour (eh oui!). À présent, s'ajoute à ce portrait la linguistique.
Ce qu'on appelle la matière blanche est une forme de tissu gras: elle semble agir comme un isolant et permet aux signaux de voyager plus vite à l'intérieur du cerveau. À l'inverse, la matière grise est celle qui contient des neurones dénuées de cette couche protectrice.
L'étude, menée par des neurologues du Collège universitaire de Londres, impliquait 65 Français (de 21 à 30 ans), sans connaissances significatives de langues étrangères, à qui on faisait passer un test en apparence très simple: distinguer le son français da et le son hindi da . En français, le d se prononce avec la langue appuyée sur les dents d'en haut; en hindi, avec la langue dirigée vers le palais.
La différence entre les deux sons est subtile, note la chercheure principale, la neurologue Narly Golestani: elle est perceptible seulement dans les 40 premiers millièmes de seconde. L'étude paraît dans la prochaine édition de la revue Cerebral Cortex.
Ceux qui ont identifié le plus rapidement cette différence sont ceux chez qui on retrouvait la plus grande quantité de matière blanche dans une région du cerveau associée aux sons. Jusqu'à 70% plus de matière blanche chez certains des plus rapides. Ceux-ci ont mis 8 minutes à faire la différence; les plus lents en étaient encore à donner des réponses au hasard, après 20 minutes de tests.
Mieux encore, ces mêmes personnes qui apprenaient vite étaient également celles qui présentaient "une plus grande asymétrie au niveau du volume des lobes pariétaux". Or, les lobes pariétaux sont, comme par hasard, impliqués dans le décodage des sons du langage dans l'hémisphère gauche de notre cerveau.
Pascal Lapointe





