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Le plus gros émetteur de méthane aux États-Unis semble être un des plus gros donateurs de Donald Trump. De janvier 2025 à juin 2026, une usine située en Louisiane a émis en moyenne 1,56 tonne de méthane par heure, ce qui est 15 fois plus que le seuil pour en faire un « super-événement », tel qu’il avait été défini sous le gouvernement précédent.

Ces données satellites ont été compilées par une équipe de chercheurs de l’Université de Californie, qui a publié un « classement » des plus importantes sources de méthane dans trois grandes régions des États-Unis représentant les deux tiers de la production gazière. Le projet de recherche vise spécifiquement à fournir des outils pour contribuer à réduire ces émissions.

L’installation en question est une usine de traitement du gaz naturel de la compagnie Energy Transfer, près de la ville de Shreveport, en Louisiane. Son président, le milliardaire Kelcy Warren, a donné des millions de dollars à la campagne de Donald Trump en 2024. La compagnie en question, basée au Texas, est liée à 4 des 15 premiers sites identifiés dans le classement. On ignore si ces émissions sont le résultat de fuites ou d’émissions volontaires, la compagnie n’ayant pas répondu aux questions des chercheurs, ni des journalistes qui ont effectué un suivi

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À travers le monde, le plus gros des émissions de méthane causées par l’humain provient des industries pétrolières et gazières, suivies par l’industrie bovine, puis par les sites d’enfouissement de déchets. Si on sait depuis longtemps que du côté des industries pétrolières ou gazières, une partie importante de ces émissions provient de fuites dans leurs usines et leurs pipelines, en revanche, localiser ces fuites a toujours reposé sur la bonne volonté des compagnies.

C’est là qu’interviennent les satellites. Les données sur lesquelles repose cette nouvelle étude proviennent d’un engin appelé Tanager-1, premier d’une série de deux satellites mis en orbite par l’initiative Carbon Mapper, une collaboration entre institutions publiques et privées créée en 2021, dans le but de détecter et quantifier les émissions de CO2 et de méthane. Un total de 1097 « panaches » de méthane ont été détectés entre janvier 2025 et juin 2026. 

Tanager n’est pas seul là-haut: un consortium international a lancé en 2024 un satellite appelé MethaneSAT. Par ailleurs, 12 petits satellites canadiens, chacun de la taille d’un four à micro-ondes, gérés par la compagnie GHGSat, contribuent eux aussi à identifier des sources d’émissions. Le programme est en partie payé par les compagnies pétrolières et gazières, et par l’Agence spatiale canadienne.  

Mais le plus vieux là-haut est un instrument appelé TROPOMI (TROPOspheric Monitoring Instrument). À bord d’un satellite de l’Agence spatiale européenne, il « cartographie » depuis 2017 l’atmosphère terrestre au-dessus de larges régions, afin de suivre l’évolution de différents « gaz et aérosols ». On lui doit entre autres une étude parue en mars dernier, qui avait estimé que les émissions provenant de 12 villes des États-Unis étaient jusqu’à 80% supérieures aux estimations précédentes, qui avaient été publiées sous le gouvernement précédent par l’Agence de protection de l’environnement.  

Le méthane est le deuxième plus important gaz à effet de serre induit par les activités humaines, après le CO2. Il a un potentiel de réchauffement une trentaine de fois plus élevé que le CO2, bien qu’il reste moins longtemps dans l’atmosphère. Selon une estimation de 2022 du Programme des Nations unies pour l’environnement, 45% du réchauffement planétaire est causé par les émissions de méthane. Mais cette difficulté historique à détecter les fuites de méthane a pour conséquence que les estimations ont peut-être été sous-estimées. 

Et on soupçonnait bien avant les satellites que le problème était sous-estimé : des recherches universitaires avaient pointé depuis le début des années 2010 que ces fuites étaient supérieures à ce qui avait été estimé jusque-là, et qu'elles étaient plus généralisées. En 2012, une recherche  pilotée par le Fonds de défense de l’environnement (EDF), un groupe américain à but non lucratif, avait elle aussi tiré la sonnette d’alarme. C’est un consortium composé d’EDF, d’organismes universitaires américains et d’une agence néo-zélandaise qui avait mis en orbite en 2024 le satellite MethaneSAT.

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