Un moyen simple de réduire une partie des émissions de méthane pourrait être d’identifier les dépôts de déchets qui en laissent échapper le plus. Par exemple, à elle seule, une décharge publique à Buenos Aires (Argentine) libèrerait la moitié des émissions de méthane de cette métropole de 3 millions d’habitants.

Le méthane représente 11% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais c’est un gaz qui emprisonne presque deux fois plus de chaleur dans notre atmosphère que le dioxyde de carbone. Le plus gros des émissions de méthane causées par l’humain provient des industries pétrolières et gazières, suivies de près par l’industrie bovine. Nos déchets arrivent en troisième place, représentant un cinquième des émissions totales. Plus précisément, le pourrissement de nos déchets organiques :  que ce soit de la nourriture, du bois ou même du papier, leur décomposition se traduit par des émissions de méthane.

Or, une équipe de chercheurs néerlandais vient de démontrer qu’il était possible d’utiliser des données satellites pour identifier les décharges responsables des plus grosses émissions de méthane dans quatre villes: Buenos Aires, Lahore (Pakistan), Delhi et Mumbai (Inde). Leurs résultats sont parus le 10 août dans la revue Science Advances.

On peut en effet détecter des émissions de méthane depuis l’orbite, et si une grande quantité provient d’un même endroit, on peut identifier ce lieu. C’est ainsi que dans la grande décharge de Buenos Aires responsable de la moitié des émissions, on peut même dire que près de 90% proviennent d’un secteur qui, en 2018 et 2019, n’était recouvert d’aucune pellicule —traditionnellement pour limiter les fuites dans les cours d’eau, mais qui pourraient dans ce cas-ci limiter les fuites dans l’atmosphère. À Mumbai, une décharge représentait 26% des émissions de méthane, tandis que les « championnes » de Lahore et de Delhi n’étaient responsables « que » de 12% et 6%.

Pour l’expert en sciences de l’atmosphère Joannes Maasakkers, de l’Institut néerlandais de recherches spatiales et auteur principal de l’étude, celle-ci montre la possibilité de pointer assez facilement du doigt les décharges « délinquantes », mais aussi de cibler les sites où une « enceinte » —recouvrir le tout de pellicules étanches— ferait une différence dans les émissions. Ou  bien, pourrait susciter l’intérêt d’un entrepreneur désireux de se lancer dans la collecte de méthane...