C’est la semaine des Nobel de science et, aussi prestigieux que soient les chercheurs —rarement les chercheuses— qui décrochent un prix chaque année, il peut être bon de se rappeler que plusieurs disciplines tout aussi prestigieuses ont très peu de chances de décrocher cet honneur.
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C’est que les trois prix —physique, chimie et médecine— correspondent à ce qu’était la science il y a plus d’un siècle. Depuis, les sciences de la vie (le prix « physiologie et de médecine » ne nomme même pas la biologie) se sont considérablement diversifiées, de la génétique jusqu’aux sciences de l’environnement en passant par les neurosciences.
Brenda Milner, de l’Université McGill, en est une illustration : elle a été une pionnière de l’idée, relevant aujourd’hui de l’évidence, selon laquelle la psychologie ne pouvait plus progresser sans jeter des passerelles vers les études du cerveau. Son premier travail, sur un patient atteint d’épilepsie, a été publié en 1957 et il fut le point de départ des études sur les bases biologiques de la mémoire, écrit cette semaine la revue américaine Science dans un article consacré à « six percées scientifiques qui auraient dû se mériter un Nobel ». Milner, aujourd’hui âgée de 108 ans, s’est méritée beaucoup d’autres prix prestigieux —mais pas le Nobel.
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La découverte des cellules souches fait aussi partie, selon Science, des percées majeures du 20e siècle qui sont passées sous le radar du comité de Stockholm, tout comme l’identification des mécanismes par lesquels nos cellules se « parlent » ou plus exactement s’envoient des signaux. Et tout comme le long travail, étalé sur plus d’une décennie, qui a conduit au premier décodage du génome humain.
Quant aux deux autres prix —chimie et physique— il leur a souvent été reproché de laisser dans l’ombre des disciplines entières, comme les mathématiques, les technologies ou les sciences du climat.
Un des critères du Nobel est de reconnaitre non pas une découverte de l’année, mais l’impact à long terme qu’a eu une découverte: c’est la raison pour laquelle il peut s’écouler 20 ans, voire 30 ans, entre le moment d’une découverte et celui où le Nobel est décerné (lire Pour gagner un Nobel, il faut être (de plus en plus) patient). Or, en vertu de ce critère, la passerelle créée entre neurologie et psychologie, la découverte des cellules souches ou des signaux que s’échangent les cellules, se qualifieraient tout à fait.





