Bien que les thérapies anti-sida aient démontré leur efficacité depuis près d’une décennie, leur distribution reste très inégale : selon le San Francisco Chronicle, dans certaines des régions les plus pauvres, seulement 5% des personnes infectées reçoivent ces médicaments qui pourraient leur sauver la vie.
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La première raison étant le prix : quand bien même pourraient-ils y avoir accès, la majorité des Africains infectés ne pourraient se payer les médicaments. 22 millions en Afrique sub-saharienne, dont 5 millions et demi en Afrique du Sud où, après des années de dénégation, on a finalement commencé à attaquer le problème de front.
La complaisance dans les pays riches a un revers : le nombre de gens infectés augmente et, ce qui est plus inquiétant, le nombre de gens qui ne savent pas qu’ils sont infectés est lui aussi en croissance : 56 000 aux États-Unis selon ce professeur de l’Université de Californie à San Francisco, dont un quart l’ignoreraient. Et la moitié sont des jeunes.
Les journaux parlent beaucoup aujourd’hui d’un éventuel vaccin, mais celui-ci demeure un rêve assez lointain —et même un rêve qui a subi des revers, ces dernières années (voir ce texte). La trithérapie demeure, et de loin, le meilleur espoir pour les patients. Ainsi que d’éventuels nouveaux médicaments qui commencent à faire leur chemin dans les études cliniques.
À condition d’identifier les porteurs du virus plus tôt. À ce sujet, une étude financée par l’Organisation mondiale de la santé et publiée la semaine dernière dans la revue médicale The Lancet contient une recommandation implicite : des tests de dépistage annuels, chez les populations à risque.
C’est qu’une personne immédiatement traitée a beaucoup plus de chances de survivre qu’une autre qui n’est traitée que lorsque l’infection a gagné du terrain et affaibli son système immunitaire. A défaut d’éliminer le virus, on identifierait les porteurs du virus.
Tout n’est pas noir, parce que la prévention a démontré son efficacité, lorsqu’elle est soutenue par un effort gouvernemental : le Zimbabwe est ainsi un pays d’Afrique qui s’est engagé dès le début des années 1990 dans un vaste effort d’information et de sensibilisation, qui a porté fruit : une diminution de la prévalence du sida chez les adultes, de 23% en 1998 à 20,7% en 2003, selon une étude parue il y a deux ans dans Science.





