500 scientifiques de tous les pays se réunissent, cette semaine, à Paris, pour discuter des derniers détails du quatrième rapport sur le réchauffement climatique qui sera rendu public vendredi. Au programme : la vitesse à laquelle la planète se réchauffe, les conséquences de la hausse des températures et la responsabilité des humains.
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
Ce rapport, dirigé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), présidé par l’ONU, pourrait influencer les politiciens et les industriels sur les actions à prendre pour combattre le réchauffement de la planète.
Selon les auteurs du rapport qui ont accepté de rendre publiques quelques-unes de leurs informations, le réchauffement planétaire qui se poursuit risque de transformer profondément la planète. Des étés chauds, des hivers sans neige et la fonte des glaces sont à prévoir pour les prochaines années. La température continuera de grimper et les auteurs sont persuadés cette fois, à 90%, que la pollution humaine est à l’origine du réchauffement de la planète.
Selon Philippe Ciais, auteur principal du GIEC pour les liens entre le système climatique et la biogéochimie, la teneur en gaz carbonique de l'air est passée de 280 parties par million (ppm) avant l'ère industrielle à 379 ppm en 2005. Cette augmentation est responsable à 70 % du réchauffement en cours. Elle provient directement de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel, qui représentent 80 % des sources d'énergie de nos sociétés. Nos émissions de gaz carbonique ont augmenté de plus de 3 % par an entre 2000 et 2005, contre moins de 1 % entre 1990 et 1999. Difficile de ne pas être pessimiste face à l’avenir. Les auteurs du rapport prévoient au mieux une multiplication par deux des émissions mondiales pour 2050 et au pire une multiplication par quatre, ce qui pourrait entraîner une hausse supplémentaire des températures de 1,5 à 5,8 degrés Celsius au cours des quarante prochaines années.
Le rapport précédent du GIEC en 2001, prévoyait une faible augmentation du niveau de la mer. Ces prévisions ne tenaient pas compte de la fonte récente des glaces au Groenland et en Antarctique. Ces événements récents pourraient submerger plusieurs régions côtières plus rapidement que prévu. Le ministre de l’environnement indonésien craint que les eaux n’inondent 2000 des 18,000 îles du pays d’ici 2030. D’après les dernières mesures effectuées par les scientifiques, la mer s’est élevée de 15 à 20 centimètres au cours du siècle dernier, une hausse moyenne de 1mm par année, mais jusqu’à 20 mm par an ailleurs. La dilatation thermique des mers causée par la hausse des températures et la fonte des glaces sont responsables de la montée des eaux.
«Nous espérons convaincre les gens que le réchauffement climatique est réel et que nous en sommes tous responsables », explique Kenneth Denman, un des auteurs du rapport. Nous devons modifier mos modes de vie.
Le GIEC, ce groupe de recherche créé par les Nations Unies, en 1988, remet un nouveau rapport, tous les cinq ou six ans, sur l’état de la planète. Les membres du groupe proviennent du monde scientifique et industriel. Les rapports doivent être approuvés par 154 gouvernements, incluant les États-Unis et plusieurs pays exportateurs de pétrole tels l’Arabie Saoudite.
La semaine dernière, le Président Bush a reconnu que le réchauffement climatique était un fait indiscutable après avoir nié la réalité pendant plusieurs années. Devant l’inéluctable, le gouvernement américain tente de convaincre la communauté scientifique internationale de développer une technologie capable de bloquer les rayons du soleil pour freiner le réchauffement planétaire. Par exemple, des miroirs géants pourraient être placés dans l’espace ou de la poussière aux propriétés réfléchissantes pourrait être pulvérisée dans l’atmosphère. Ils espèrent convaincre les scientifiques du GIEC d’insister dans leur rapport sur des stratégies semblables à prendre pour combattre ou retarder le réchauffement planétaire.




