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Des bouées installées dans l’Atlantique depuis deux décennies ont-elles apporté la confirmation du ralentissement du courant sous-marin de l’Atlantique?

On parle ici de cette « boucle » océanique ou AMOC (Atlantic Meridional Overturning Circulation) : une partie, connue sous le nom de Gulf Stream, remonte du sud vers le nord, où elle apporte des eaux plus chaudes jusqu’aux côtes de l’Europe. Et l’autre partie redescend vers le sud, où elle amène des eaux plus froides et plus salées. Cette boucle est une partie d’un ensemble planétaire de courants sous-marins, du nom de circulation thermohaline, qui contribue à la régulation des climats. Son ralentissement, voire son arrêt, aurait donc un impact considérable sur le climat. 

En cause dans le possible ralentissement que des scientifiques soupçonnent depuis les années 2000: l’eau douce qui, résultant de la fonte des glaces du Groenland, plonge dans l’Atlantique nord, dilue les eaux plus denses et plus salées de l’AMOC, et affaiblit ainsi le flux qui redescend vers le sud. 

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Or, une analyse des données récoltées par des bouées flottantes dans quatre sites distincts de l’ouest de l’Atlantique, tend à confirmer un ralentissement de 10% entre 2004 et 2023. L’équipe dirigée par le chercheur postdoctoral Qianjiang Xing, de l’Université de Miami, tenait à cette analyse comparative, pour confirmer que les mesures récoltées jusqu’ici n’étaient pas une anomalie liée à une seule latitude de l’océan Atlantique. Leur recherche est parue le 8 avril dans la revue Science Advances

Les bouées météorologiques en question abritent des capteurs pour mesurer la température de l’air et de l’eau, la pression atmosphérique, la vitesse et la direction du vent, l’humidité et la hauteur des vagues. À l’origine, en 2004, l’Université de Miami et d’autres institutions en avaient installé toute une série, des Bahamas jusqu’aux îles Canaries —à proximité des côtes africaines— appelées RAPID-MOCHA. Les données qu’elles récoltent en continu ont permis au fil des années de renforcer la conviction qu’un ralentissement de l’AMOC est en cours. 

Mais ce réseau de bouées a le défaut de couvrir, en gros, la même latitude, dans un axe est-ouest. Les chercheurs ont donc analysé les données récoltées, également depuis 2004, en trois autres endroits, au large des Antilles, de la côte Est des États-Unis, et de la Nouvelle-Écosse. C’est la convergence de ces mesures qui permet de parler avec assurance d’un ralentissement de 10% en deux décennies. Ce serait la première fois qu’une « image cohérente » se dégage, commente dans le New Scientist l’océanographe néerlandais René van Westen, de l’Université d’Utrecht.

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