La glace en Arctique rétrécit comme une peau de chagrin. Les scientifiques estiment qu’elle pourrait complètement disparaître d’ici 2040, ce qui entraînerait bien sûr quelques bouleversements climatiques.

Des images satellite captées en Arctique depuis 1979 révèlent que la glace diminue continuellement. Les scientifiques estiment que 38,000 milles carrés de glace fondent chaque année et qu’à ce rythme, elle pourrait avoir complètement disparu en 2040. La disparition complète de la glace aurait un impact dramatique sur les ours polaires et les autres animaux qui chassent sur la banquise mais entraînerait aussi des soubresauts climatiques qui affecteraient toute la planète. Les experts du climat prévoient que l’Ouest des États-Unis se réchaufferait, la neige y serait de plus en plus rare tandis que l’Europe connaîtrait des tempêtes hivernales plus fortes et de fréquentes pluies diluviennes.

Les températures de l’Océan arctique ont augmenté de 3 degrés Celsius au cours des récentes décennies, un réchauffement causé par l’accumulation de gaz à effet de serre (GES) selon Mark Serreze de l’Université du Colorado, à Boulder, aux États-Unis. «Quand la glace s’amincit, elle atteint un point vulnérable. Elle peut alors subitement s’effondrer et disparaître rapidement,» explique M. Serreze. «Nous sommes tout près de ce point de non-retour. La glace en Arctique fond de plus en plus vite en été et se régénère de moins en moins en hiver. L’Océan arctique sera peut-être bientôt dépourvu de glace, peu importe la saison».

Les vents instables et forts des années 1980 et 1990 ont entraîné la plus grande partie des mastodontes de glace hors de l’Océan Arctique vers l’Océan Atlantique Nord. La glace a migré vers le sud et a fondu. Cette épaisse couche de glace a été remplacée par une couverture de glace beaucoup plus mince qui laisse apparaître de nombreuses zones d’eau. L’eau absorbe la chaleur du soleil, ce qui entraîne une hausse de sa température et accélère la fonte de la glace.

Au même moment, en Antarctique, des scientifiques britanniques s’inquiètent du fait que quatre des plus grands glaciers glissent vers l’océan et pourraient entraîner une hausse inquiétante du niveau de l’eau. Ces glaciers sont vulnérables à de petites modifications de la température de l’océan comme celles survenues au cours du 20ème siècle.

L’Antarctique et le Groenland contiennent suffisamment de glace pour hausser le niveau des mers de 70 mètres. Selon des statistiques géologiques, de précédents effondrements de glaciers ont entraîné une augmentation du niveau de la mer de 20 mètres au cours des 500 dernières années. Si un tel phénomène survenait à nouveau, il aurait des implications sociales énormes.