Tous les plus de 40 ans se souviennent de la marche des premiers hommes sur la Lune. En matière d’exploration spatiale, depuis, rien n’a pu égaler ce moment. Immédiatement après, l’enthousiasme du public à l’égard du cosmos a décliné, ne connaissant que de brefs sursauts avec des robots qui roulent sur Mars ou des images étonnantes du télescope spatial Hubble.
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Et pourtant, « nous vivons actuellement un âge d’or de l’exploration spatiale », selon le directeur du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, Charles Elachi : en ce moment même, la NASA coordonne plus de 50 missions scientifiques. Cette discrétion n’est-elle pas davantage à l’image de la façon dont doit se construire la science?
De fait, un des impacts les plus durables du premier Spoutnik, est aussi l’un des plus discrets : il est dans la naissance d’une foule de vocations pour la science et les technologies chez les jeunes Américains —intérêt facilité, il est vrai, par de gros investissements de leur gouvernement, dès 1958, au profit de l’enseignement des sciences. Beaucoup d’astronomes et d’ingénieurs se considèrent ainsi, aujourd’hui, « les enfants de Spoutnik ».
Où s’en va-t-on 50 ans plus tard? Les sondages révèlent régulièrement que la culture scientifique des gens souffre de graves lacunes —et sur ce plan, les Américains sont dans le peloton de queue des pays occidentaux. Or, dans la légion d’articles publiés cette semaine à l’occasion du 50e anniversaire du premier Spoutnik, personne ne semble suggérer qu’un coup d’éclat du même genre pourrait servir à donner un nouveau coup de fouet à l’enseignement des sciences.
Le prochain coup d’éclat pour la culture scientifique, s’il y en a un, ne viendra peut-être pas de l’exploration spatiale...
Pascal Lapointe





