Ça aurait pu être la fin des haricots sur Mars. Une méga-tempête de sable avait à ce point assombri les panneaux solaires de la sonde Spirit qu’on pensait celle-ci en panne pour de bon. Mais aux dernières nouvelles, elle réussissait à recharger —lentement— ses batteries, tandis qu’on lui ordonnait de cesser presque toute activité pour ne se concentrer que sur cette tâche. Pour une sonde spatiale comme celle, cela veut dire : allumez votre chauffage seulement une fois par jour —la température est de moins 150 là-bas— et interrompez pendant quelques jours toute communication avec la sonde Mars Odyssey, en orbite.
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Bien sûr, l’événement est anecdotique et ne serait pas rapporté ici, n’eut été le fait que Spirit et sa soeur Opportunity à l’autre bout du monde —l’autre monde— continuent de battre des records : leur mission, commencée en janvier 2004, aurait dû prendre fin il y a trois ans. De prolongation en prolongation, le niveau d’énergie des batteries de Spirit est tombé, après la tempête de table, à 89 watts, un dixième de ce qu’il était en 2004. Un peu comme si votre ordinateur ne fonctionnait plus qu’au dixième de sa puissance d’origine —ou si l’ampoule électrique la plus proche n’éclairait plus qu’au dixième.
C’est une tempête similaire qui a mis fin plus tôt ce mois-ci à la carrière de Phoenix. Sa dernière transmission remonte au 2 novembre. Bien qu’il ait vécu sur Mars moins longtemps —il est arrivé le 25 mai 2008 dans la région arctique pour une mission de trois mois— et que sa récolte ait été moins riche en photos médiatiques que Spirit et Opportunity (mais 25 000 images, tout de même!), il passera à l’histoire comme ayant été le premnier à avoir mis le « doigt » sur de la glace extra-terrestre.
Ces dernières semaines, les ingénieurs avaient fait rouler Spirit jusqu’au bord d’un petit plateau, d’où il peut maximiser son exposition au soleil. S’il en est encore capable, il devrait se remettre à rouler peu après Noël, en direction d’un cratère « lointain » —à 200 ou 300 mètres de là.





