Le trouble de déficit de l'attention diagnostiqué chez son fils s’est avéré lié au changement de saison. Un trouble affectif saisonnier (TAS) toucherait de 3 à 4% des enfants scolarisés.
Abonnez-vous à notre infolettre!
Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!
Bien documenté chez les adultes, le TAS fait pour l'instant l'objet de très peu d'études chez les enfants. Un chapitre ici, une étude là. La plus connue a été menée dans les années 1990 auprès de 2267 écoliers et cégépiens de la banlieue de Washington et montrait qu'une soixantaine d'enfants souffraient probablement d'un TAS, soit 3,3% des répondants.
«C'est très spécifique. Il faut constater au moins deux épisodes, et uniquement entre octobre et avril, sans aucun autre épisode dépressif ou facteurs psychosociaux reliés», explique Johanne Renaud, pédopsychiatre de l'hôpital Douglas de Montréal.
Comment être sûr que le manque d'énergie et l'humeur changeante ne sont pas associés aux difficultés scolaires? Fatigue chronique, faim insatiable, particulièrement pour les aliments vides en énergie (boissons sucrées, sucreries). Ces symptômes s’avèrent familiers chez les adolescents. «Comme ils sont souvent confondus avec les nombreux changements que vivent les adolescents, cela sera d’autant plus difficile de retracer un TAS», tranche Marc Hébert, spécialiste des effets de la lumière sur le vivant de l'Hôpital Robert Giffard (CHUL).
Plus d'une soixantaine d'études à travers le monde ont démontré les bénéfices du traitement de luminothérapie dans les cas de troubles affectifs saisonniers. Et le taux de réponses favorables au traitement varie entre 60% et 90%.
«Ce qui est sensiblement la même chose que les antidépresseurs, soit 60-70%, mais la rapidité du résultat le rend bien plus intéressant», précise Pierre Zwiebel, psychiatre de l'Hôpital Hôtel-Dieu de Roberval.
La lumière agirait sur notre cerveau en modulant de nombreux neurotransmetteurs. «En présence de suffisamment de lumière, les gens se sentent tout de suite mieux. Elle a un effet direct sur la sérotonine, qui affecte l'humeur, et produit aussi de la dopamine qui aide au bon fonctionnement», explique Marc Hébert. Dans son Laboratoire de photobiologie, il se penche sur le déséquilibre chimique originel de la dépression hivernale chez les adultes. «Nous avons constaté une baisse de sensibilité de la rétine à la lumière occasionnée par un débalancement chimique au cerveau». L'exposition à une forte luminosité par le biais de lampes de luminothérapie permettrait de compenser cette insensibilité. «Cela fonctionne chez 70% de nos patients», souligne le chercheur.
Le cadet de Manon va mieux grâce aux séances matinales de luminothérapie pratiquées lors du petit déjeuner. Quatre jours seulement d'exposition à la lampe de 10,000 lux ont transformé le quotidien du petit garçon. «Il ressemble de nouveau au petit gars d'été: curieux, motivé et de bonne humeur», s'exclame sa maman.





