On savait déjà que ce programme de redressement de l’économie de 787 milliards$ faisait la part belle à la science. Mais personne ne l’avait encore décortiqué en détail :
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- 120 de ces milliards$ vont à la science; il s’agit d’un « bonus », puisque l’ensemble de ce programme est un fonds spécial (stimulus package); - le plus gros morceau (46,8 milliards$) doit servir à « soutenir les énergies propres » (transports moins polluants, économies d’énergie et émissions moindres de gaz à effet de serre); - 24,6 milliards$ aux infrastructures en technologies de l’information (accès à Internet à haute vitesse, technologies en santé, dont les dossiers médicaux électroniques); - 10,4 milliards$ aux National Institutes of Health (s’ajoutant à leur budget actuel de 29 milliards) dont le plus gros va aux subventions à la recherche.
Mais plus étonnant —et non sans risque— est la nécessité de dépenser tout cela... en deux ans! Ce programme ne s’appelle pas « stimulus » pour rien : il est l’équivalent d’une injection massive de vitamines dans une économie malade. Même le programme lunaire Apollo est surclassé : il avait coûté 200 milliards$, mais étalés sur 11 ans. Ce que les scientifiques obtiennent aujourd’hui, c’est donc une opportunité unique, qui ne se représentera pas.
Au point où certains sont sceptiques : « je ne pense pas qu’il soit possible de dépenser sagement autant d’argent, aussi vite », déclare au New Scientist Gail Wilensky, représentant une fondation internationale en santé.
Et c’est plus qu’une simple injection de vitamines, analyse le journaliste Peter Aldhous pour qui certains détails de ce plan « auraient pu déclencher une bataille s’ils n’avaient pas été enfouis » dans les colonnes de chiffres.
Par exemple, sur les 10,4 milliards pour la recherche en santé, un milliard va à la recherche sur les effets comparés de différents traitements. Une idée qui aurait pu soulever le lobby pharmaceutique, s’il en avait eu vent à temps : car à quoi cela pourrait-il servir? À choisir le traitement le plus efficace... et le moins cher. Dans le contexte d’une assurance-maladie universelle, ça peut faire une grosse différence sur la facture finale... et sur les revenus des compagnies pharmaceutiques.





