Ce n’est pas aussi spectaculaire qu’une sonde qui roule sur Mars, mais les scientifiques viennent d’en apprendre plus en 10 minutes qu’en 10 mois : une sonde européenne est passée à seulement 67 km de Phobos, la plus mystérieuse des deux lunes de Mars.

Cette approche, et une douzaine d’autres étalées de la mi-février jusqu’au 26 mars, en plus de renvoyer des photos inédites, pourraient permettre d’en apprendre plus sur les origines mystérieuses de cette lune en forme de patate. Elle ne fait que 27 km sur son « côté » le plus large, et sa densité est anormalement faible —ce qui suggère l’existence de « trous » ou de cavernes intérieures.

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Les planétologues se questionnent depuis longtemps sur ce mystère : les deux lunes de Mars, Deimos et Phobos, sont-elles des amalgames épars de « restes » laissés en orbite lors de la formation de Mars, ou s’agit-il d’astéroïdes capturés par la gravité de la planète rouge? Chose certaine, Phobos « tombe » lentement vers Mars, et les pressions gravitationnelles croissantes que cela entraîne pourraient le briser un de ces jours —ce qui, en langage d’astronome, veut dire : dans plusieurs millions d’années.

Les premières images, dévoilées le 15 mars par l’Agence spatiale européenne, révèlent des détails d’à peine 4 mètres de large. Elles sont d’abord destinées à servir aux Russes, qui prévoient lancer une sonde, Phobos-Grunt (ce qui veut dire : sol de Phobos), en 2011. L’engin aurait pour mission d’y « rebondir » —la gravité est infime— et, au passage, d’y récolter un échantillon de sol qu’il ramènerait sur Terre.

Pendant ce temps, plus bas, il y a quelques semaines, la NASA avait annoncé que pour sa sonde roulante Spirit, cette fois, c’était vraiment fini. Après avoir répété des milliers de fois combien elle avait dépassé son espérance de vie, et après avoir publié des dizaines de communiqués sur ses difficultés à s’extirper d’une plaque de sable (depuis avril 2009!), l’agence spatiale américaine avait mis fin aux « souffrances » de son engin martien. Il continue tout au plus à envoyer des données, comme station fixe.

Mais ça tourne au-dessus de sa tête. Mars Express est en orbite martienne depuis décembre 2003. Elle suit une orbite qui passe au-dessus des Pôles, et qui l’amène à proximité de Phobos environ une fois par cinq mois.

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