Pour accroître les chances que les ondes électromagnétiques aient un impact sur votre santé, il vous faut... un reportage alarmant.

Bien que de nombreuses personnes soient convaincues d’être affectées par la présence d’un réseau sans fil, il y a des raisons d’être sceptiques: on n’a jamais trouvé la moindre raison pour laquelle ces ondes auraient un impact sur la santé. Et surtout, des études ont été menées sur ces personnes, où on tente de voir si elles peuvent vraiment percevoir si l’appareil électronique situé dans la pièce est éteint ou allumé: à tous les coups, elles sont incapables de faire mieux que le hasard.

Mais les psychologues britanniques Michael Witthöft et G. James Rubin ont été encore plus pernicieux. Ils ont voulu explorer l’impact que pouvait avoir un reportage télé alarmant. À la moitié de leurs «cobayes», ils ont d’abord présenté un tel reportage (initialement diffusé par la BBC, rien de moins). Tous ont ensuite été invités à tester un nouveau type d’antenne installée sur un bandeau de tête —un appareil qui, en réalité, n’émettait ni ne captait rien du tout.

À la fin des 15 minutes, plus de la moitié des personnes (87 sur 147) ont déclaré ressentir des symptômes —malaises divers, maux de tête— dont deux qui ont même demandé à interrompre l’expérience avant la fin, tant elles se sentaient mal. Parmi ces gens, ceux qui avaient regardé le reportage n’étaient pas plus nombreux à ressentir des effets de «l’appareil»... mais leurs symptômes étaient plus nombreux.

C’est une illustration de ce que les médecins appellent l’effet nocebo, l’envers de l’effet placebo. Avec un placebo, un patient se sent mieux, même si le traitement ne contient rien. Avec un nocebo, le patient rapporte un impact négatif d’un traitement qui n’existe pourtant pas.