Ernest Hemingway, Kurt Cobain et à présent Robin Williams: y aurait-il quelque chose de vrai dans cette idée que le génie s’accompagne de troubles psychologiques?

La théorie du «génie torturé» resurgit avec chaque nouvelle tragédie, mais aucune donnée ne permet de l’appuyer, selon la psychologue Judith Schlesinger qui a consacré en 2002 un livre à ce qu’elle a appelé The Insanity Hoax (le canular de la folie).

S’il est vrai que beaucoup de grands créateurs à travers l’histoire ont mis fin abruptement à leurs jours, ils ne représentent qu’une minuscule fraction de ces génies dont on ne parle pas, parce qu’ils sont morts paisiblement.

Là où la neurologie ouvre toutefois une porte, c’est dans le lien possible entre les troubles bipolaires et la créativité: s’il devait être démontré qu’un tel lien existe bel et bien chez certaines personnes —un sommet de créativité peut venir avec un «high»— il deviendrait possible un jour de mieux prévenir certaines tragédies.

Mais pour l’instant, le cerveau demeure un territoire beaucoup moins bien compris qu’on ne le souhaiterait.