Plutôt que de simplement critiquer les médias, un chercheur a choisi de consacrer une étude au traitement exagéré que les médias ont consacré à une étude. Réaction sur les réseaux sociaux : c’est bien, mais qu’en est-il des chercheurs qui exagèrent la valeur de leur propre étude?

L’objet de la critique de Samuel Mehr, étudiant au doctorat à l’Université Harvard, est le traitement médiatique d’une étude sur la musique et l’intelligence —dont Mehr était lui-même l’auteur principal. En 2013, son équipe avait conclu, après avoir suivi 74 enfants de quatre ans, à l’absence de différence dans les capacités d’apprentissage de ceux qui avaient suivi des cours de musique et de ceux qui avaient suivi des cours d’arts visuels. L’étude se voulait en réaction au mythe de «l’effet Mozart», selon lequel les enfants qui étudient la musique seraient plus intelligents. Les médias avaient donc sauté sur l’occasion: l’étude de Samuel Mehr, avaient-ils été nombreux à écrire, concluait à l’absence de l’effet Mozart.

Dans sa nouvelle analyse, intitulée Miscommunication of science, Mehr souligne combien son étude de 2013 ne prétendait pas aller aussi loin, avec un échantillon de seulement 74 enfants sur une courte période de temps; il reproche aux journalistes de confondre l’effet et la cause. Toutefois, rappelle le journaliste de Nature , d’autres études ces dernières années ont pointé du doigt que très souvent, ce type d’exagération provient à l’origine non pas du journaliste, mais du communiqué de presse de l’institution... voire du chercheur lui-même.