D’un point de vue froidement scientifique, l’ouragan Michael qui a frappé la Floride mercredi après-midi sera l’auteur d’une expérience inédite, dont les résidents se seraient bien passés : qu’arrive-t-il lorsqu’une invasion d’algues rouges à proximité des côtes est soulevée par une telle tempête et retombe sur la terre ferme ?

Il faut rappeler que l’algue rouge est toxique, capable d’empoisonner les poissons et de causer des problèmes respiratoires aux humains. Elle ne peut pas survivre sur la terre, mais les biologistes marins interrogés cette semaine semblaient n’avoir jamais été témoins d’une situation au cours de laquelle le déplacement d’aussi énormes masses d’eau avait déplacé dans son sillage ces algues jusqu’à l’intérieur d’une ville ou des champs.

Ce serait la première fois, aux États-Unis du moins, qu’une invasion d’algues rouges de cette importance et un ouragan majeur entraient en collision. Mais ce ne sera sûrement pas la dernière, considérant que les invasions d’algues rouges, à travers le monde, semblent se faire plus fréquentes, réchauffement climatique aidant. Le bon côté des choses, c’est qu’un ouragan apporte aussi avec lui d’énormes quantités de pluie, donc de l’eau douce, laquelle est néfaste pour les algues. Mais le mauvais côté, c’est que des pluies abondantes peuvent aussi faire déborder les égouts et rejeter dans la mer quantité de nos déchets organiques, dont raffolent les algues.