C’est une étude qui n’a de toute évidence pas eu assez d’attention aux États-Unis lors de sa parution en août : les deux tiers des attaques terroristes commises dans ce pays en 2017 furent perpétrées par des extrémistes de droite.

Et on peut élargir la perspective jusqu’à une décennie : une autre compilation conclut qu’entre janvier 2008 et décembre 2016, les policiers ont identifié 115 « incidents de terrorisme domestique » créés, ou à risque de l’être, par des extrémistes de droite (dont le tiers ont échoué), contre 75 créés par des musulmans, (dont les trois quarts ont échoué ou n’ont pas eu lieu). Des chiffres qui contrastent avec le discours officiel de la Maison-Blanche, pour qui le mot « terrorisme » n’apparaît que lorsqu’il s’agit d’attentats commis par des musulmans.

Cette dernière compilation, parue en juin 2017, avait été le résultat du travail de deux organismes voués au journalisme d’enquête (The Investigative Fund et le Center for Investigative Reporting).

Quant à la plus récente, parue en août dans le magazine Quartz, elle a été réalisée à partir d’une base de données internationale, Global Terrorism Database, qui recense tous les événements terroristes à travers le monde depuis 1970. Elle contredit elle aussi le discours officiel, lorsqu’on y constate que, à l’instar des trois événements tragiques survenus cette semaine aux États-Unis — les bombes envoyées par la poste à des gens critiques de Trump, l’attaque contre une synagogue samedi et l’attentat raté contre une église noire au Kentucky — près des deux tiers des événements terroristes de 2017 sur le territoire américain, soit 37 sur 65, étaient le fruit de « motivations racistes, anti-musulmanes, homophobes, anti-sémites, fascistes, anti-gouvernement ou xénophobes », résumait le journaliste le 17 août. Onze ont été commis par des extrémistes « inspirés par des idéologies de gauche » (incluant un groupe dit « éco-terroriste »), sept par des « extrémistes islamiques », et dix entrent dans la catégorie « motivations inconnues ».