Chaque printemps, les cerfs mâles voient leurs bois repousser, donnant à leur tête cette allure caractéristique. Comme ces bois sont composés d’os et de tissus vivants, cela les rend uniques en leur genre : on ne connaît pas d’autre mammifère dont un appendice puisse repousser après être tombé ou avoir été coupé. C’est dans ce contexte que des biologistes et des médecins s’intéressent à la découverte, publiée mardi, de deux gènes indispensables à cette régénération.

C’est que ces deux gènes existent aussi chez nous, où ils sont associés au développement des os. Testés par ces chercheurs sur des cellules de souris, ces deux gènes, suivant qu’ils sont activés ou non, semblent effectivement pouvoir ralentir ou accélérer la croissance des dépôts de calcium, étape essentielle à la solidification d’un os.

L’espoir derrière cette recherche n’est toutefois pas de trouver un moyen de faire repousser un bras ou une jambe ; juste faciliter la cicatrisation ou la guérison d’un os fracturé serait déjà un grand pas en avant pour la médecine. « La formation des bois des cerfs partage des mécanismes biologiques avec la croissance des os humains » explique au New York Times l’auteur principal de la recherche, Peter Yang, de l’École de médecine de l’Université Stanford. « Mais les bois des cerfs croissent beaucoup plus vite », ajoute-t-il en un euphémisme prudent.