Pour la minorité de journalistes qui sont impliqués à temps plein dans la lutte aux fausses nouvelles — comme la rubrique du Détecteur de rumeurs — il y en a une majorité pour qui cet univers reste obscur : seulement 15 % estiment être adéquatement préparés à en parler, et plus de la moitié considère même que la façon de couvrir la désinformation pourrait être « nuisible » — du moins, la façon dont elle est couverte dans leur média.

Il s’agit de deux des conclusions d’une enquête menée auprès de 1018 journalistes américains, complétée par 22 entrevues de fond avec des journalistes de « médias nationaux ». L’enquête a été réalisée par un groupe de consultants de Californie, dans le but d’en apprendre davantage sur la façon dont ce phénomène affecte le travail des journalistes.

Les craintes exprimées rejoignent les apprentissages par essais et erreurs qu’ont commencé à faire il y a déjà trois ou quatre ans leurs collègues journalistes « fact-checkers » : par exemple, donner du contexte à une fausse rumeur plutôt que de simplement dire qu’elle est fausse ; et éviter d’enfler une rumeur qui ne rejoint qu’un auditoire marginal.

Un rapport similaire de l’American Press Institute, en 2017, avait conclu que la majorité des salles de nouvelles s’estimaient mal préparées à traiter la désinformation telle qu’elle se diffuse sur les réseaux sociaux, d’autant plus que pour la plupart, les réseaux sociaux étaient vus comme des outils pour promouvoir leur propre contenu.