Les 10 et 11 mai ont lieu à travers le Québec quelque 400 activités de culture scientifique regroupées sous le parapluie des 24 heures de science. Suivez sur cette page, qui sera remise à jour jusqu'à samedi soir, un aperçu de ce que notre journaliste a observé.


Fabriquer des jouets

Hans Ovide est professeur de français. Mais il est aussi passionné de science. Il a donc fondé l’entreprise Neuronix, avec laquelle il propose des ateliers pour apprendre aux enfants à construire leurs jouets : une toupie faite d’un CD, d’une bille et de LED ; de petits véhicules se mouvant grâce à la force accumulée dans des élastiques... Son laboratoire d’ingénieur fou, sur la rue Jean-Talon, est rempli d’objets étranges fabriqués par les enfants. « Des concepts simples », assure-t-il. Ces jouets permettent à Hans d’expliquer des notions scientifiques comme le fonctionnement de la technologie des anciennes lunettes 3D, l’optique, la conservation de l’énergie... (samedi à 16h)


Prendre le frais

Des documents s’envolent, des panneaux tombent, les nappes se soulèvent. Un vent frais souffle sur les 7 kiosques installés sur le Parcours Gouin, au bord de la rivière des Prairies. « Le temps n’est pas vraiment de notre côté », constate une animatrice de l’organisme Parlons sciences. En fin de matinée, une vingtaine de personnes, manteau sur le dos et capuche sur la tête, s’intéressaient quand même à l’ADN, aux minéraux, aux papillons, aux étonnantes capacités d’adaptations de certains animaux ainsi qu’à la faune et à la flore locale. « Ca a été tranquille pour l’instant », jugeait André-Philippe, animateur de Mission Monarque. (samedi à 13h)

 

24 h de science - Parcours Gouin

Visiter le club de minéralogie… seul

L’entrée du numéro 5600 passe inaperçue dans la 12e avenue. Derrière, se cache pourtant une étonnante collection de minéraux et de fossiles. Malheureusement, personne ne les fait visiter aujourd'hui. « Les 24 heures de science, s’exclame l’homme à la réception. Qui est-ce qui nous y a inscrit ? Le club est ouvert jusque 16h, mais il n’y aura pas de visite. » (samedi 12h30)


Construire un robot

« Il fait 31 degrés », trompette Sacha, 12 ans, qui a réussi à programmer le thermomètre de son ordinateur. La bibliothèque du Plateau Mont-Royal est chaude et il semble que de la fumée s’apprête à sortir des cerveaux concentrés des 12 jeunes qui suivent les explications des animateurs de l’organisme à but non lucratif Techno Culture Club. Ils apprennent à construire un robot. Et certains ont de l'avance: « j’ai déjà appris à coder parce qu’il y a un club de robotique dans mon école », se réjouit Clément, 13 ans. Un papa programmateur, Olivier a amené son fils de 9 ans à l’atelier. « Le gros combat des parents est de détacher les enfants des écrans, explique-t-il. Mais s’ils doivent être devant, mieux vaut qu’ils fassent des choses intéressantes. » Le but de l’atelier est de construire de petites machines capables de se mouvoir vers l’avant. Les animateurs parviennent à enseigner la programmation assez facilement. Mais vient la partie bricolage, la plus difficile, admet l’animatrice, Sarah. Heureusement, quelques robots parviennent, non sans difficultés, à avancer à la fin de l’atelier. (vendredi 19h30)

24 de science - Robot

Le papa programmeur Olivier Munier, et son fils Eliott, en plein travail pour faire avancer le robot.


Lutter pour la biodiversité

On peut se faire guider dans le Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal, mais on peut aussi s’impliquer dans la numérisation des données des plantes de l’herbier Marie-Victorin, situé au Jardin Botanique de Montréal. Le but est de rendre ces données accessibles à tous, sur Internet. « Nous sommes dans une crise de biodiversité, rappelle Carole Sinou, gestionnaire des données de biodiversité. Des pays ont besoin d’avoir accès à des données pour savoir, par exemple, quelles zones ils doivent protéger. » A 11h30, quatre personnes avaient participé à cet effort qu’entreprennent depuis 10 ans des bénévoles de l’association Les Amis du jardin botanique. Parmi eux, l’étudiant au bac en biologie de l’Université de Sherbrooke, Étienne Lacroix-Carignan. « C’est toujours le fun de contribuer. Une fois qu’on sait quoi faire, c’est facile. » Termes savants, inscriptions manuscrites… les étiquettes des plantes de l’herbier peuvent toutefois être difficiles à comprendre, surtout pour les débutants. (vendredi à 14h)

 

 Cédric Thévenin