Prédire la force des tremblements de terre… mais seulement après qu’ils aient commencé. Une étude qui a été saluée comme une percée rappelle simultanément combien la science des secousses sismiques nage encore dans l’incertitude.

Selon cette étude, parue le 29 mai dans Science Advances, la magnitude finale d’un tremblement de terre pourrait être prédite 10 à 15 secondes après qu’il ait commencé. Ce qui pourrait, dans certains cas, faire une différence entre la vie ou la mort, considérant qu’un séisme majeur peut durer plusieurs minutes (incluant la période pendant laquelle il est imperceptible pour les humains).

Des sismologues ont rapidement envoyé des messages de prudence : la « prédiction » peut dépendre de la force du séisme et tous les séismes majeurs ne sont pas semblables.

Mais l’idée centrale demeure : au contraire des plus petits séismes qui se comparent plutôt à une « explosion », il existe une série d'étapes par lesquelles passent les plus gros séismes, et mieux les déchiffrer permettrait aux autorités d’envoyer des signaux d’alarme des secondes, voire des minutes, plus tôt.

Sur la base de leur analyse de 3 000 séismes recensés par l’agence américaine en charge d’étudier les phénomènes géologiques (United States Geological Survey), les géologues Diego Melgar et Gavin P. Hayes concluent qu’en gros, un séisme majeur grossit tout d’abord, pendant les premières secondes, de manière chaotique. Puis, un « ordre » se met en place — on ignore comment — pour évoluer vers une sorte de « pulsation » dans une zone ressemblant à un beigne, qui grossit en s’éloignant de son centre. C’est la force de cette pulsation qui permettrait — selon les auteurs — de prédire la puissance finale qu’aura le séisme lorsqu’il sera à son maximum.