On répète souvent que la science s’est de plus en plus spécialisée au cours du dernier siècle, mais paradoxalement, une analyse révèle qu’un article paru dans Nature aujourd’hui, est inspiré par un plus grand nombre d’autres disciplines qu’avant, et en inspire plus d’autres.

Cet article fait partie d’une série publiée par Nature à l’occasion de son 150e anniversaire et la revue Nature est elle-même, parmi la masse de revues destinées à des chercheurs, une rareté: elle publie des recherches provenant de toutes les disciplines plutôt que d’un seul secteur spécialisé. Ce qui a fourni un corpus impressionnant: 700 millions de citations dans des articles publiés de 1900 à 2017. L’analyse est imparfaite, reconnaissent les quatre auteurs du Network Science Institute, à l’Université Northeastern (Massachusetts), parce qu’un grand nombre des disciplines recensées aujourd’hui n’existaient pas il y a un siècle (57 étaient reconnues en 1900 par la base de données qui s’appelle aujourd’hui Web of Science, contre 253 en 1993). Mais le résultat les étonne tout de même: « notre analyse montre que la diversité des disciplines dans les références et les citations est en croissance. En gros, un article typique est inspiré par, et a un impact sur, trois fois plus de disciplines dans cette décennie qu’il y a 50 ans ».

Parmi les références contenues dans un article, et parmi le nombre de fois où il a été cité ailleurs, si on n’observe que les références et les citations « interdisciplinaires », on remarque une croissance comparable d’un côté comme de l’autre. Les auteurs notent également une croissance comparable dans l’autre grande revue « multidiscplinaire », Science, et suggèrent que l’observation pourrait s’étendre à certaines grandes revues spécialisées, en pointant Cell et Physical Review Letters.

Certains grands secteurs ont une « portée » plus large que d’autres: un article dont les références sont principalement en génie et en technologie a plus de chances d’être majoritairement cité par des articles d’autres disciplines (72%) qu’un article dans le domaine biomédical (environ 50%), qui surpasse lui-même un article sur les sciences de la Terre et de l’espace —cité par des articles d’autres disciplines dans moins de 30% des cas.