Les nouvelles inquiétantes sur une percée du coronavirus en Corée cette semaine —une centaine de cas— ou au Japon —ses deux premiers décès coup sur coup— masquent deux réalités encourageantes: le nombre de nouveaux cas quotidiens est peut-être en train de ralentir. Et dans 80% des cas, l’infection est sans gravité. 

Approchons-nous du « pic » du coronavirus appelé Covid-19? Pour les plus optimistes, le moment où le nombre total de nouveaux cas sera en constante diminution pourrait être atteint à la fin-février. Déjà, la semaine dernière, certains ont cru que ça y était: le nombre de nouveaux cas quotidiens en Chine avait diminué pendant trois jours d’affilée, avant qu’une révision de la définition des symptômes par les autorités ne fasse repartir ie bilan à la hausse. Cette semaine, ces mêmes bilans ont donné de nouvelles raisons d’espérer: de 1749 nouveaux cas confirmés mercredi en Chine, on était passé à 394 jeudi, selon la Commission nationale de la santé. 

Il faut par ailleurs rappeler que, deux mois après les débuts de la contagion, plus de 98% des cas confirmés (soit près de 80 000 personnes en date de vendredi) sont en Chine. Et sur les 2248 décès enregistrés vendredi, 2238 étaient en Chine.

Par contre, pour les plus pessimistes, c'est de la Chine vers les autres pays que l'inquiétude doit à présent se déplacer. Outre la soudaine poussée du nombre de cas en Corée du Sud, l'Iran et l'Italie approchaient la vingtaine de cas chacun vendredi en fin de journée —peu à l'échelle mondiale, mais beaucoup pour ces pays qui n'avaient pas un seul cas quelques jours plus tôt, ce qui suggère que beaucoup d'autres ont échappé à la détection en entrant dans le pays, et ont depuis eu le temps de se répandre. 

D'un autre côté, plus les données s’accumulent et plus les chercheurs sont capables de raffiner leurs statistiques, non seulement sur le risque de décès, mais aussi sur le pourcentage de cas graves, et sur les personnes les plus à risque. C’est ainsi qu’une analyse publiée le 17 février par l’agence de santé chinoise établit que 80% des 44 500 premiers cas recensés étaient bénins —et les chercheurs rappellent depuis le début qu’un grand nombre de cas bénins ont probablement échappé aux statistiques, parce que les personnes n’ont jamais jugé bon de venir à l’hôpital. Le taux de décès était de 2%, mais les trois quarts des cas mortels étaient des patients de plus de 60 ans. Chez les 80 ans et plus, le taux de décès bondirait même à 15%. 

 

Mise à jour le 21 février à 19h: données sur l'Iran et l'Italie. 

22 février: En Iran, un 6e décès a été annoncé aujourd'hui, pour à présent 28 cas confirmés. Ce ratio de presque un sur cinq (alors que le taux de décès en Chine est de 2%) laisse croire que beaucoup d'autres cas ont échappé aux autorités iraniennes.  

23 février: La Corée du Sud déclare l'état d'alerte alors que le nombre de cas atteint les 600. Six personnes sont décédées. En Italie, le nombre de cas confirmés atteint la centaine, dont 89 en Lombardie, dans le nord du pays. 

24 février, 8h: pandémie ou non ? Ça le devient, par définition, dès qu'une contagion s'étend à plusieurs pays. Toutefois, rappelle une analyse de Vox, une maladie peut être une pandémie sans être plus sévère ou plus mortelle. 

24 février, 19h: 15 personnes sont mortes en Iran du coronavirus, mais avec un total de cas déclarés de seulement 50, les craintes sont que le gouvernement a dissimulé l'ampleur réelle du nombre de gens malades. À l'échelle de la planète, le total de cas confirmés était, en début de journée, de 79 500, dont 77 200 en Chine (incluant Hong Kong), et de 2595 décès, dont 37 en-dehors de la Chine. 

25 février : Le fait que l’Iran soit un carrefour régional en fait la « parfaite recette » pour répandre l’épidémie

25 février, 19h: En Italie, le total de cas confirmés atteignait 322 mardi soir (une centaine de plus que la veille) pour 10 décès. 

Aux États-Unis, le Centre de contrôle des maladies (CDC) prévient qu'il faut s'attendre à des percées du virus dans diverses communautés locales. 

26 février: La bonne nouvelle, c'est que le nombre de nouveaux cas en Chine continue de diminuer. Pour la première fois depuis le début de la contagion, le nombre de nouveaux cas à l'extérieur de la Chine, mardi, a été supérieur à ceux en Chine: 427 contre 411, selon l'OMS. 

27 février: le cas de coronavirus identifié en Californie révèle accidentellement qu'il y en a beaucoup d'autres qui, aux États-Unis, ont échappé au radar. L:a femme a été infectée par quelqu'un dans sa communauté, et non pas par un voyage en Chine. 

28 février: le récit en infographies de la patiente 31, en Corée du Sud, qui en a probablement infecté plusieurs à elle seule.

29 février: quatre cas dans le Nord-Ouest des États-Unis, à première vue pas reliés entre eux, et dont aucun n'a voyagé en Chine.

Éditorial du New York Times: "en dépit de plusieurs avertissements au fil des années, nous ne sommes pas prêts". 

1er mars: l'Italie reste le pays le plus affecté d'Europe, avec une trentaine de morts. 11 villes ou villages y sont en quarantaine. En France, des rassemblements publics de plus de 5000 personnes sont interdits en France. 

2 mars, 8h : aux États-Unis, un deuxième décès mais surtout, on apprend que la contagion avait probablement commencé à se répandre dans le Nord-Ouest il y a déjà six semaines. 

3 mars, 18h: le total est à présent de 9 décès dans l'État de Washington, dont 5 dans la même résidence de personnes âgées. 

Une analyse par la journaliste médicale du magazine StatNews de e à quoi il faut s'attendre dans l'État de Washington. 

Une analyse de qui sont les gens à risque, sur les base des études provenant de Chine ces deux dernières semaines. 

4 mars: le nombre de cas en Iran pourrait atteindre les 3000. L'Italie ferme ses écoles et ses universités jusqu'à la mi-mars. Une recherche suggère qu'il pourrait y avoir deux souches du nouveau coronavirus, l'une plus virulente que l'autre. L'OMS annonce que le taux de mortalité pourrait être plus élevé que prévu, suggérant le chiffre de 3,4%. 

6 mars: à présent plus de 300 cas confirmés aux États-Unis (et 17 décès), tandis que pour la première fois, on ne recense aujourd'hui aucun nouveau cas dans la province chinoise de Hubei, à l'extérieur de la métropole de Wuhan.

En Italie, le nombre de morts atteint les 200. Le nombre de décès rapportés ces derniers jours place ce pays en tête, dépassant même la Chine. 

7 mars: en soirée, l'Italie verrouille, ou tente de verrouiller, la province qui, épicentre de l'épidémie, englobe la métropole de Milan et la ville de Venise. Les restrictions s'appliquent jusqu'au 3 avril.

Reportage sur les occasions manquées qui ont fait perdre au gouvernement Trump le contrôle de l'épidémie. En date du 7 mars, hôpitaux et agences de santé dans différents États se plaignent du manque d'équipements pour tester les malades. 

8 mars: un article pré-publié sur le serveur MedXriv suggère qu'en Italie, à la fin-février, 70% des cas n'auraient pas été détectés.

9 mars: le nombre de nouveaux cas quotidiens a diminué ces deux derniers jours en Corée du Sud (248 dimanche contre 483 vendredi)

9 mars, 19h: en soirée, le gouvernement italien annonce qu'il étend l'état d'urgence à l'ensemble du pays. Limitation des rassemblements publics et des voyages, suspension des rencontres sportives. Le nombre de décès en Italie atteint les 467, une centaine de plus que la veille.

10 mars, 13h: Seattle, dans l'État de Washington, confirme sa place de premier foyer de l'épidémie aux États-Unis, avec 24 décès et 160 cas confirmés. Une étude pré-publiée suggère que ces derniers pourraient ne représenter que 15% du total. Dans le Nord de l'Italie, les hôpitaux font face à une pénurie de lits. Dans l'État de New York, une zone de quarantaine a été établie autour de la ville de New Rochelle, sans doute la première action du genre aux États-Unis. 

11 mars : les hôpitaux italiens font face à une pénurie de lits alors que le nombre de décès a bondi de près d'un tiers en 24 heures, dépassant les 800.

13 mars: l'Europe est désormais le centre de la pandémie, déclare l'OMS. Davantage de nouveaux cas y sont rapportés chaque jour qu'on en rapportait au plus fort de l'épidémie en Chine.  

14 mars: après l'Italie, c'est à présent au tour de l'Espagne de se mettre en quarantaine pour 14 jours. On y comptait en matinée 191 décès pour 6046 cas confirmés, contre 1266 décès pour 17 660 cas en Italie.

15 mars, 12h: aux États-Unis, le bilan dimanche matin était de 2815 cas, dont 520 à New York, et de 59 décès, dont 40 dans l'État de Washington.