Si vous pensez que le confinement est difficile, imaginez ce que c’est que de vivre pendant plusieurs mois sur la station spatiale. 

L’astronaute américain Scott Kelly, qui y a séjourné deux fois (2010-2011 et 2015-2016), offre trois conseils sur la « vie en isolement »: se faire un horaire, et s’y conformer; prévoir du temps pour se détendre; et le plus important des conseils, celui qu’il avait lui-même le plus de mal à suivre… aller faire un tour dehors. 

Après avoir été confiné dans un petit espace pendant des mois, j’ai littéralement commencé à réclamer de la nature —la couleur verte, l’odeur d’une terre fraîche et la chaleur du soleil sur mon visage. Cette expérience avec une fleur est devenue plus importante pour moi que je ne l’aurais jamais imaginé. Mes collègues aimaient faire jouer un enregistrement des sons de la Terre, comme des oiseaux, le bruissement des branches, et même des moustiques, encore et encore. Ça me ramenait sur la planète. 

Sa collègue Anne McClain, qui est restée là-haut six mois en 2018-2019, y allait aussi de ses conseils sur Twitter il y a quelques jours: communiquer clairement avec ses collègues et pratiquer de l’écoute active; partager ses sentiments; accepter ses responsablités; se fixer des objectifs; soigner sa santé physique, mais aussi psychologique en s’accordant du temps personnel et en évitant de rogner sur les heures de sommeil. 

Rien de sorcier, admet-elle, mais ces conseils sont tout de même le résultat d’une vingtaine d’années d’observations, par les psychologues, de la cohabitation pas toujours facile entre différentes personnalités et différentes nations dans cet espace restreint; le tout forme ce que les astronautes appellent « les comportements en expédition ».

L’astronaute canadien David Saint-Jacques insiste lui aussi sur l’importance de communiquer, de soigner sa santé et d’avoir une routine, mais une routine qui sépare clairement le travail du reste. « D’avoir une partie de la journée où l’on dit que c’est le travail, puis une fois que c’est fini, c’est fini! »

Quant à Scott Kelly, il y ajoute une dimension qui n’est pas seulement essentielle à la survie en orbite: « écouter les experts ». « Nous devons aller chercher la connaissance chez ceux qui en savent le plus sur le sujet et les écouter. Les médias sociaux et autres sources mal validées peuvent transmettre de la désinformation aussi sûrement que les poignées de main transmettent des virus. »